L’annonce du diagnostic

La personne diabétique est investie d’un grand pouvoir sur l’évolution de sa maladie.

Un choc

Le diagnostic du diabète constitue bien souvent un choc qui bouleverse la vie d’une personne. Il nécessite un travail constant d’acceptation et d’adaptation psychologique.

La non-acceptation du diabète compromet la santé de la personne diabétique en nuisant à son traitement et à sa motivation pour adopter de saines habitudes de vie.

Un stress

Tout comme d’autres maladies chroniques, le diabète constitue une perte de santé physique et une menace pour la santé future en raison des complications à moyen et à long terme pouvant y être associées. Cette « épée de Damoclès » peut peser sur la personne diabétique et lui occasionner un stress important.

Le stress peut avoir une influence sur le contrôle du diabète par l’impact des hormones de stress sur la glycémie, ou encore par l’utilisation de stratégies ou de comportements peu efficaces de gestion du stress.

Une responsabilité

De plus, le traitement complexe, exigeant et chronique du diabète est sous la responsabilité directe de la personne diabétique et nécessite une modification importante des habitudes de vie au quotidien.

D’un côté, la personne diabétique est investie d’un grand pouvoir sur l’évolution de sa maladie, et de l’autre, d’une grande responsabilité à porter.

Une menace pour l’estime de soi

Enfin, le diabète peut aussi amener une atteinte à l’estime de soi, sentiment susceptible d’être renforcé par les discriminations dont peuvent encore faire l’objet les personnes diabétiques sur le plan du travail, des assurances ou encore de l’obtention d’un permis de conduire.

Le processus d’adaptation

Le processus d’adaptation au stress du diabète consiste en un travail d’acceptation composé des 5 stades pouvant s’apparenter à ceux du deuil.

Mieux on connait le diabète et son traitement, moins on le craint, plus on est susceptible de s’impliquer dans son traitement, de le contrôler et de l’accepter.

1. Le déni de la réalité

Négation, refus de l’existence même du diabète, de son caractère chronique ou de la nécessité de son traitement.

« Non, pas moi! » « C’est une erreur. » « Ce n’est qu’une hausse de sucre temporaire, je vais guérir. »

2. L’opposition et la révolte

Prise de conscience du caractère réel, sérieux et chronique du diabète suscitant une anxiété élevée et des attitudes d’opposition, voire de révolte.

Sentiment d’impuissance et pessimisme quant à la possibilité de parvenir à une bonne adaptation au diabète et à ses exigences.

« Pourquoi moi? » « C’est injuste, les autres sont en si bonne santé! »

Sous cette colère se cachent souvent de la tristesse, de la peur, de l’impuissance et l’impression d’être seul. N’hésitez pas à exprimer vos sentiments aux professionnels de la santé à qui vous faites confiance, de même qu’à rechercher le soutien de vos proches, de vos amis ou d’autres personnes diabétiques.

3. Le marchandage

Acceptation partielle du traitement et négociations à l’égard des composantes du traitement qui ne sont pas encore intégrées.

« O.K. pour les injections ou les comprimés, mais non pour l’exercice… Il faut bien vivre! »

4. Le stade d’auto-évaluation

Niveau d’anxiété élevé : auto-évaluation et hypervigilance

Attitude perfectionniste à l’égard du traitement. Réactions intenses d’anxiété face aux dérapages ponctuels de la glycémie, limitation des activités sociales pour minimiser les écarts de glycémie, éventuels sentiments dépressifs et épuisement.

« Mon contrôle doit être parfait ».

Niveau d’anxiété modéré : auto-évaluation et réceptivité

Attitude positive d’acceptation à l’égard de l’information utile pour mieux comprendre et contrôler son diabète.

« Je vais voir ce que je peux faire pour parvenir à mieux le contrôler et à mieux vivre avec le diabète. »

5. L’acceptation active

L’individu prend conscience qu’il peut faire face au diabète en participant à son traitement et, en même temps, maintenir un bien-être psychologique et une vie sociale satisfaisante.

« Le diabète n’est plus un problème parce que je peux le contrôler. » « Je vis bien, avec le diabète. »

Un cheminement propre à chacun

Ce travail d’acceptation et d’adaptation ne respecte pas forcément cet ordre chronologique spécifique. Aussi, la durée de chacune des étapes dépend de plusieurs facteurs propres à l’individu et à l’environnement. Il est possible que certains individus effectuent le travail d’acceptation au cours de l’année suivant le diagnostic, alors que d’autres peuvent nier ou s’opposer à leur condition diabétique pendant plusieurs années.

Par ailleurs, ce travail d’acceptation n’est jamais terminé. Certaines journées peuvent être plus difficiles que d’autres et de nouvelles contraintes (passage d’une médication orale aux injections d’insuline, diagnostic d’une complication, situations de stress tout à fait extérieures au diabète, etc.) peuvent survenir, amener des réactions appartenant aux stades précédents et ainsi réactiver le processus.

Un pas vers le changement

Accepter sa condition, c’est déjà faire un pas dans la bonne direction avant de passer à l’action. Apprenez-en plus sur les étapes du changement et sur quelques astuces pour vous aider à modifier vos habitudes de vie pour mieux vivre avec le diabète.

Ressources :

Brochure disponible dans la boutique: Accepter son diabète: suivez le guide (voir l’encadré Ressources)

Ordre des psychologues du Québec

 

Recherche et adaptation : Équipe de professionnels de la santé Diabète Québec

Révision scientifique : Dr Alain Janelle, psychologue

Juillet 2014 (mise à jour juillet 2018)

Adapté de :

Gosselin Marjolaine, psychologue. (Printemps 2000) Le stress au détour du chemin, Plein Soleil, Diabète Québec, p.25

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