Le diabète et l’oeil

Le diabète peut être responsable de plusieurs problèmes visuels lorsqu’il est mal contrôlé.

Le diabète et l’œil

La meilleure façon de prévenir ou de ralentir les maladies de l’œil demeure un contrôle optimal de la glycémie.

Le diabète peut être responsable de plusieurs problèmes visuels. Lorsqu’il est mal contrôlé, il y a un excès de sucre dans le sang faisant épaissir et durcir les vaisseaux sanguins qui irriguent l’œil et qui ne peuvent plus accomplir leur travail adéquatement.

Les principales cibles du diabète au niveau de l’œil :

  • L’iris : situé sous la surface de l’œil. Il donne la couleur de l’œil.
  • Le cristallin : situé derrière l’iris. Il agit comme une lentille qui dirige et focalise la lumière sur la rétine.
  • Le corps vitreux ou le vitré : substance visqueuse transparente dans le globe oculaire. Il donne la forme ronde à l’œil et contribue à la circulation de l’oxygène.
  • La rétine : fine couche de cellules qui tapissent le globe oculaire. Elle perçoit les images, les couleurs, les formes et le mouvement;
  • Le nerf optique : situé à l’arrière de l’œil. Il transmet les images perçues par l’œil vers le cerveau.

Le diabète n’est pas la cause principale des cataractes ou du glaucome. On a cependant remarqué que ces maladies tendent à apparaître prématurément chez les personnes diabétiques.

Les complications les plus importantes concernent :

  • la rétine (rétinopathie)
  • le cristallin (cataractes)
  • l’iris (rubéose)
  • pression interne de l’œil (glaucome)

Quand consulter?

Un suivi régulier est important puisque la plupart des effets du diabète sur l’œil ne causent pas de symptômes avant qu’ils ne soient très avancés. La fréquence des examens de suivi devrait aller comme suit:

Premier examenSuivi
Diabétiques de type 1À partir de l’âge de
15 ans ou 5 ans après
le diagnostic
Chaque année ou selon
les recommandations
du professionnel
Diabétiques de type 2Au moment du
diagnostic
Femmes diabétiques
de type 1 ou 2 enceintes
Avant la conceptionLors des 3 premiers mois de
la grossesse, puis au besoin
durant la grossesse et dans
l’année qui suit

Recommandations adaptées des Lignes directrices de pratique clinique 2018 pour la prévention et le traitement
du diabète au Canada de Diabète Canada. 

En présence de rétinopathie, la fréquence des suivis varie selon la sévérité de la maladie.

Les signes à surveiller

En plus des examens annuels, vous devriez consulter un optométriste ou un ophtalmologiste si vous avez l’un des symptômes suivants :

  • Vue embrouillée qui varie d’une journée à l’autre
  • Yeux secs
  • Vision double, apparue de façon subite
  • Problèmes à percevoir les couleurs
  • Vision de nuit devenue rapidement plus difficile (conduite automobile)
  • Perte de la vision (très floue, comme à travers de la brume)

La prévention

La meilleure façon de prévenir ou de ralentir l’évolution des maladies de l’œil demeure, comme pour toutes les complications du diabète, un contrôle optimal de la glycémie.

Il s’avère également bénéfique de :

  • contrôler la tension artérielle
  • contrôler les taux de lipides (cholestérol) dans le sang
  • cesser de fumer

Consultez aussi:

Livre disponible dans la boutique La rétinopathie diabétique

Le diabète et la santé des yeux, dépliant disponible dana la boutique en paquet de 25

Ressources pour les personnes ayant une déficience visuelle

 

Recherche et rédaction : Équipe de professionnels de la santé de Diabète Québec

Juin 2014 (mise à jour Janvier 2019)

© Tous droits réservés Diabète Québec

Références :

Altomare F, Kherani A, Lovshin J. Diabetes Canada 2018 Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Management of Diabetes in Canada: Retinopathy. Can J Diabetes 2018; (Suppl 1): S210-S216.

Arbour J. D. et Labelle P. (2013) La rétinopathie diabétique. Montréal : Annika Prance Éditeur

Haut de page

L’œdème maculaire

L’œdème maculaire concerne UNIQUEMENT les personnes diabétiques et touche environ 15 % d’entre elles.

 

L’œdème maculaire est une complication de la rétinopathie diabétique (proliférante ou non proliférante) caractérisée par un épaississement de la rétine, à un endroit très précis : la macula, située au fond de l’œil et responsable de l’acuité visuelle.

Lorsque l’œdème maculaire se produit, le tissu rétinien absorbe le liquide qui s’échappe des vaisseaux sanguins anormaux et enfle. Ce phénomène cause une distorsion des images et une vision embrouillée. Des dépôts de gras peuvent se former, particulièrement chez les personnes dont le taux de cholestérol est élevé. Il en résulte une dégradation de la vision centrale qui se traduit par une incapacité à lire ou à reconnaître des visages.

La prévention

L’œdème maculaire est une complication de la rétinopathie, une maladie qu’il est tout à fait possible de prévenir.

Le traitement

Actuellement, il existe trois choix de traitement :

  • le laser
  • les injections
  • la chirurgie

Le laser

Le médecin utilise un laser pour « boucher » les fuites anormales qui provoquent l’œdème. Cela permet de ralentir la progression de l’œdème ou même de le faire disparaître s’il est très petit et localisé. Le laser est appliqué sur une surface infime de la macula. Ce type de traitement réduit les risques de détérioration d’environ 50 %.

Les injections de médicaments dits « antiangiogéniques »

Ces injections pratiquées à l’intérieur de l’œil servent à diminuer la fuite anormale de sang et réparent les vaisseaux sanguins. C’est le même principe que le laser, mais cette technique s’avère bien supérieure. Le premier but est de stabiliser la vision.

Ces médicaments ont prouvé leur efficacité pour stopper la maladie. Ils étaient déjà utilisés dans la dégénérescence maculaire. Malgré les échecs quand l’œdème est présent depuis longtemps, il y a de plus en plus de patients qui répondent bien aux injections. Elles ne sont ni douloureuses ni compliquées, mais il faut faire plusieurs séances toutes les quatre à six semaines environ.

La chirurgie

L’œdème peut être aggravé par la présence de cicatrices et le chirurgien les enlèvera grâce à une vitrectomie (retrait de la partie interne – gélatineuse – de l’œil).

 

Adapté de : Benhaberou-Brun Dalila (Automne 2011).La prunelle de vos yeux, Plein Soleil, Diabète Québec p.22-24

 

 

Haut de page

L’examen visuel

Les problèmes de rétinopathie affectent déjà 20 % des personnes diabétiques de type 2 au moment du diagnostic et la plupart d’entre eux après 15 ans de maladie. 

L’optométriste joue un rôle important dans le dépistage du diabète. En effet, comme il effectue un examen complet de la vision et de la santé de l’œil, il est souvent le premier à constater des signes de diabète. Il peut alors référer la personne au médecin de famille pour la prise en charge de la condition médicale ou à l’ophtalmologiste pour les traitements plus pointus de la santé de l’oeil.

L’examen : déroulement

    1. L’examen de la vision

L’examen de la personne diabétique ou chez qui l’on suspecte un diabète ne diffère pas de celui d’une personne non-diabétique. Par contre, les éléments suivants seront particulièrement investigués :

  • La balance musculaire ou vision binoculaire, pour vérifier que les yeux sont bien coordonnés et que les muscles ne sont pas atteints;
  • La présence d’un défaut de la vision qui fluctue dans le temps;
  • Un déficit de la capacité de faire le focus à diverses distances (accommodation);
  • Une anomalie de la vision des couleurs.

Cet examen permettra également de recommander la meilleure correction possible de la vision.

Lorsque non diagnostiqué, ou en présence d’un diabète instable, la vision fluctue souvent. Le besoin de changements fréquents de force de verres en très peu de temps est un indice de la présence du diabète ou de son mauvais contrôle.

    2. L’examen de la santé oculaire

L’examen de l’optométriste vise également à dépister la présence de maladies oculaires. Chez la personne diabétique, à l’aide de gouttes, l’optométriste dilate la pupille pour mieux observer l’ensemble des composantes à l’intérieur de l’œil.

Cet examen permet de détecter la présence d’une manifestation du diabète dans l’œil et d’observer :

  • la rétine, pour détecter les signes de rétinopathie;
  • le nerf optique, pour détecter des signes de glaucome;
  • le cristallin, pour surveiller le développement précoce de cataractes;
  • la structure interne de l’œil, de l’iris et la cornée, pour détecter la présence de vaisseaux sanguins anormaux et les signes de glaucome;
  • la pression de l’œil qui, conjuguée à l’évaluation des champs visuels donne un bon indice de la présence de glaucome.

Si à la suite de ces examens préliminaires on suspecte un problème, on peut recommander des tests supplémentaires par imagerie pour étudier la rétine plus en profondeur. Lorsque nécessaire, la personne diabétique sera référée à l’ophtalmologiste pour les traitements requis.

 

Recherche et rédaction : Équipe de professionnels de la santé de Diabète Québec

Révision scientifique : Langis Michaud, O.D., M.Sc. FAAO  (Dipl)

Juillet 2014 (mise à jour Janvier 2019)

© Tous droits réservés Diabète Québec

Haut de page