Tout sur l’injection

Démystifier l’injection de l’insuline et des médicaments injectables.

Les meilleurs pratiques pour la technique d'injection

Un professionnel de la santé ayant reçu une formation sur les techniques d’injection pourra vous enseigner comment procéder.

Les recommandations suivantes s’appliquent aux personnes diabétiques traitées par injection d’insuline ou d’analogues du GLP-1 (albiglutide (EperzanTM), dulaglutide (Trulicity®), exénatide (Byetta®), exénatide à libération prolongée (Bydureon®) et liraglutide (Victoza®). Elles s’appuient sur les «Recommandations sur les meilleures pratiques relatives à la technique d’injection 2017 du Forum sur la technique d’injection (FIT) 3e édition

Préparation avant l’injection

Quelques étapes sont importantes avant de faire une injection :

  • Lavez vos mains et les régions d’injection à l’eau savonneuse et bien les assécher.
  • Si un tampon d’alcool est utilisé (ex.: milieu hospitalier), laissez sécher l’alcool complètement avant de procéder à l’injection.
  • Assurez-vous que la date de péremption indiquée sur la fiole ou la cartouche soit respectée.
  • Essuyez la cartouche ou la fiole à l’aide d’un tampon d’alcool.

Si vous utilisez une insuline opaque, il faut d’abord rouler la fiole, la cartouche ou le stylo injecteur délicatement entre vos mains à 10 reprises, puis faire basculer de haut en bas (sans agiter) à 10 reprises, puis inspecter visuellement pour s’assurer que l’insuline à une apparence laiteuse.

Est-ce nécessaire d’effectuer un pli de la peau?

Chez l’adulte, le pli cutané est pratiqué seulement dans certaines circonstances, selon la longueur d’aiguille utilisée et la masse adipeuse (graisse) de la personne. Ainsi, le pli cutané est recommandé si on utilise une aiguille de 8 mm. De plus, chez les personnes dont les membres ou l’abdomen présentent peu de tissu adipeux, un pli cutané pourrait être justifié à l’emploi d’une aiguille de 5 mm ou 6 mm. Par contre, il pourrait ne pas être nécessaire surtout à l’emploi d’une aiguille de 4 mm.

La façon d’effectuer le pli cutané, si requis, doit être bien maîtrisée pour que le médicament ne soit pas injecté dans la partie musculaire ou moins profonde de la peau.

Les régions d’injection

Chez l’adulte, les régions d’injection recommandées sont :

  • l’abdomen (région à favoriser, car l’absorption y est constante)
  • les cuisses
  • le haut des fesses
  • l’arrière des bras (région moins privilégiée, étant donné la difficulté d’accès pour la personne qui s’injecte elle-même)

L’absorption de l’insuline peut varier en fonction de plusieurs facteurs, dont la région d’injection utilisée. L’insuline est absorbée plus rapidement au niveau de l’abdomen alors que l’absorption est moyenne au niveau des bras et des cuisses. Les fesses ont un taux d’absorption plus lent. Quant à l’absorption des analogues du GLP-1, elle semble uniforme au niveau des régions d’injection habituelles (abdomen, bras, cuisses).

Injecter l’insuline dans une région sollicitée par l’activité physique peut activer son absorption et sa vitesse d’action, ce qui peut entraîner une diminution plus rapide des glycémies.

La rotation des régions et des points d’injection

Afin d’éviter la formation de creux et de bosses au niveau de la peau (lipodystrophie) et vous assurer que l’absorption de l’insuline est constante:

  • Changez d’aiguille à chaque injection;
  • Examinez et palpez régulièrement vos régions d’injection afin de détecter tout signe de lipodystrophie;
  • Variez les régions d’injection et effectuez une rotation structurée des points d’injection à l’intérieur d’une même région d’injection.

Rotation des régions anatomiques

L’absorption de l’insuline est différente d’une région anatomique à l’autre. Il est donc souhaitable de les varier en s’assurant de conserver la même région anatomique pour le même moment de la journée. Par exemple, vous pourriez utiliser l’abdomen au déjeuner et au dîner, puis les cuisses au souper et au coucher.

Rotation des points d’injection

Il est recommandé de faire une rotation structurée des points d’injection à l’intérieur d’une même région anatomique, en laissant un espace d’environ 1 à 2 cm l’un de l’autre (largeur d’un doigt). Pour l’abdomen, il faut éviter de s’injecter à moins de 2 à 3 cm du nombril.

Pour vous faciliter la tâche, vous pourriez diviser la région anatomique utilisée en quatre quadrants et faire la rotation des points d’injection dans un même quadrant pendant une semaine. Ensuite, vous pourriez procéder de la même façon pour les trois autres quadrants.

Pour éviter la douleur

Suivez ces conseils pour rendre l’injection plus confortable :

  • Choisissez les aiguilles courtes (4, 5 ou 6 mm) afin d’éviter les injections intramusculaires;
  • Utilisez une nouvelle aiguille pour chaque injection;
  • Gardez la médication entamée à la température de la pièce;
  • Évitez d’injecter dans la racine des poils, les cicatrices, les grains de beauté et toute autre anomalie de la peau;
  • Si un tampon d’alcool est utilisé, injectez seulement lorsque l’alcool a complètement séché;
  • Insérez l’aiguille dans la peau d’un mouvement rapide et fluide, puis injectez le médicament lentement et de façon uniforme.

Si, malgré ces conseils, l’injection vous occasionne de la douleur, parlez-en à un professionnel de la santé qui pourra vérifier votre technique et, au besoin, vous suggérer certains dispositifs ou d’autres mesures à prendre.

Conservation de l’insuline

Une fois la fiole ou la cartouche entamée, elle ne devrait pas être utilisée pour une période supérieure à 28 jours (42 jours pour l’insuline détémir et l’insuline glargine Toujeo; 56 jours pour l’insuline dégludec). Les fioles et les cartouches d’insuline en réserve doivent être gardées au réfrigérateur (2 à 8 ºC). L’insuline ne doit jamais être congelée ou exposée à des chaleurs extrêmes (à plus de 30 °C) car ceci pourrait affecter son efficacité et sa durée d’action.

Une fois l’injection effectuée, disposez de l’aiguille et de tout matériel tranchant de façon sécuritaire dans un contenant de déchets biomédicaux réglementé.

 

Recherche et adaptation : Équipe de professionnels de la santé de Diabète Québec

Janvier 2017 (mise à jour Janvier 2019)

©Tous droits réservés Diabète Québec

 

Adapté de :

Tremblay Louise, infirmière (Été 2012). Les meilleures pratiques… pour la technique d’injection, Plein Soleil, Diabète Québec, p. 31-33. Révisé par Françoise Desrochers, inf., B.Sc.

Référence:

Forum sur la technique d’injection – FIT Canada (2017) 3e édition. Recommandations sur les meilleures pratiques relatives à la technique d’injection [En ligne].

Repéré à : http://www.fit4diabetes.com/files/9014/9504/6651/FIT_Canada_Recs_2017.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

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La lipodystrophie

Même lorsqu’elle n’est pas visible, la lipohypertrophie peut modifier l’absorption de l’insuline.

La forme la plus répendue de lypodystrophie est la lipohypertrophie. Elle se caractérise par l’épaississement du tissu graisseux sous-cutané (sous la peau) pouvant créer une boule dure au toucher. Elle se développe dans les régions où les injections sont fréquentes ou lorsque la même aiguille est utilisée plus d’une fois.

Selon un sondage international sur les techniques d’injection, 47% des patients diabétiques ont déjà eu de la lipohypertrophie en raison d’injections répétées  dans une zone se limitant à la grandeur d’un timbre-poste.

Comme la lipohypertrophie diminue la sensibilité de la peau, plusieurs personnes ont tendance à privilégier les endroits atteints pour s’injecter leur insuline, car c’est moins douloureux. Cependant, il faut éviter de vous injecter dans les zones où vous observez des bosses ou autres anomalies.

Conséquences de la lipohypertrophie

Les répercussions ne sont pas seulement esthétiques. Même lorsqu’elle n’est pas visible, la lipohypertrophie peut modifier l’absorption de l’insuline et ainsi, nuire au contrôle de la glycémie.

Les effets suivants peuvent être observés chez une personne qui s’injecte régulièrement dans une zone de lipohypertrophie :

  • Grande variabilité des valeurs de glycémie
  • Résultats d’A1C (hémoglobine glyquée) plus élevés
  • Hypoglycémies fréquentes, difficiles à expliquer
  • Doses d’insuline élevées ou augmentées fréquemment

Comment la détecter?

  • Inspectez visuellement les zones d’injection, et tentez de repérer une bosse;
  • Palpez la peau de votre zone d’injection en faisant un balayage circulaire avec vos doigts, et appuyez aux endroits où vous vous injectez habituellement;
  • En présence de lipohypertrophie, la peau aura une texture différente (bosse caoutchouteuse, tissu plus dense).

Dans le doute, n’hésitez pas à consulter un membre de votre équipe de soins qui pourra examiner vos zones d’injection et vous suggérer un plan d’action, au besoin.

 

Illustration: BD Médical – Soins du diabète

Comment la prévenir?

Pour prévenir la lipohypertrophie, il est important de varier les régions anatomiques (parties du corps) ainsi que les points d’injection (endroits où l’aiguille entre dans la peau). Il faut également utiliser une nouvelle aiguille à chaque injection.

Quelques précautions supplémentaires

Si vous aviez l’habitude de vous injecter toujours au même endroit et que vous appliquez maintenant la rotation des régions anatomiques et des points d’injection, il est possible qu’un ajustement à la baisse de votre dose d’insuline soit nécessaire pour prévenir les hypoglycémies. Parlez-en à un professionnel de la santé et vérifiez plus fréquemment vos glycémies lorsque vous effectuerez le changement.

Finalement, il est primordial de palper régulièrement vos régions d’injection et de demander à un professionnel de la santé de le faire lors des visites de suivi afin de détecter toute anomalie.

 

Recherche et rédaction : Équipe des professionnels de la santé de Diabète Québec

Janvier 2017 (mise à jour Janvier 2019)

© Tous droits réservés, Diabète Québec

 

Référence:

Forum sur la technique d’injection – FIT Canada (2017) 3e édition. Recommandations sur les meilleures pratiques relatives à la technique d’injection [En ligne].Repéré à : http://www.fit4diabetes.com/files/9014/9504/6651/FIT_Canada_Recs_2017.pdf

 

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Existe-t-il une quantité maximale d’insuline pour une seule injection?

Selon les Recommandations sur les meilleures pratiques relatives à la technique d’injection (FIT 2017), pour certaines insulines, plus le volume injecté est grand, plus son action sera retardée. C’est le cas notamment pour l’insuline à action régulière (Humulin R MD , Novolin ge Toronto MD et EntuzityMC), l’insuline à action intermédiaire  (Novolin ge NPH MD  et Humulin N MD)  et les analogues à action rapide (Apidra MD, Humalog MD ,NovoRapid MD et Fiasp ®). En effet, pour un volume d’insuline excédant 50 unités, il est recommandé de séparer la dose en plusieurs injections pour maximiser l’effet de l’insuline, mais également pour éviter tout inconfort ou perte d’insuline.

Le profil d’action des analogues de l’insuline ne semble pas être influencé par le volume administré. On peut choisir d’injecter la dose dans deux points d’injection différents en raison de la dose maximale que l’on peut sélectionner (par exemple, la dose maximale de 80 unités à la fois) ou de l’inconfort ressenti, et non pas dans le but d’améliorer le profil pharmacocinétique du médicament.

Concernant l’insuline détémir (LevemirMD), étant donné que le dispositif d’injection d’insuline de Novo Nordisk permet d’administrer des doses pouvant aller jusqu’à 80 unités, les doses supérieures à 80 unités doivent être administrées en plusieurs injections séparées pour que la dose complète soit donnée. Pour l’insuline glargine à 100 u/ml (Lantus MD), l’on peut choisir de diviser une dose en plusieurs injections pour administrer une dose plus grande que la dose maximale permise par le stylo.

L’insuline glargine à 300 u/ml (ToujeoMD) offre un profil plus stable et uniforme sans pic d’action prononcé, et une plus longue durée d’action que LantusMD. On peut choisir de fractionner une dose de ToujeoMD  en plusieurs injections pour administrer une dose plus grande que la dose maximale permise par le stylo.

Il n’existe à ce jour aucune étude portant sur le fractionnement des doses d’insuline glargine (source ADNr – BasaglarMD) en doses précises. Cependant, Eli Lilly Canada estime que si un patient a besoin d’une dose d’insuline basale supérieure à la dose maximale pouvant être administrée avec un stylo injecteur, celle-ci devrait être fractionnée.

 

Recherche et rédaction : Amélie Roy-Fleming, DtP., ÉAD, diététiste-nutritionniste, Éducatrice agréée en diabète

Septembre 2015 (mise à jour Janvier 2019)

©Tous droits réservés Diabète Québec

 

Référence:

Forum sur la technique d’injection – FIT Canada (2017) 3e édition. Recommandations sur les meilleures pratiques relatives à la technique d’injection [En ligne]. Repéré à: http://www.fit4diabetes.com/files/9014/9504/6651/FIT_Canada_Recs_2017.pdf

 

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L'injection d'insuline en public

Lorsque les gens en connaissent davantage, ils sont en mesure de comprendre et d’accepter la situation.

Une personne traitée à l’insuline aura à s’administrer celle-ci dans différents lieux publics.

Puisqu’il y a encore beaucoup d’ignorance à l’égard du diabète dans la population, il est normal que certaines personnes éprouvent un malaise face à cette pratique qui leur est inconnue. Si ce sont des gens de votre entourage, démystifier avec eux la maladie et la nécessité du traitement à l’insuline peut aider à changer leur perception.

Bien souvent, lorsque les gens en connaissent davantage, ils sont en mesure de comprendre et d’accepter la situation.

Une manipulation discrète

Lorsque les injections sont faites discrètement, les gens autour ont peine à s’en rendre compte. De plus, la plupart des personnes diabétiques utilisent maintenant des stylos injecteurs d’insuline, plutôt que des seringues. Cela facilite l’injection et la rend plus discrète. Par sa forme familière, le stylo injecteur permet aussi de dédramatiser l’insulinothérapie chez les personnes qui ont peur des seringues et des aiguilles.

Un traitement médical

Gardez toujours en tête que l’insuline est un traitement médical. Il n’y a donc pas de compromis à faire. Vous devez injecter votre insuline au moment opportun et c’est votre droit de le faire, peu importe le lieu choisi.

Il ne vaut pas la peine de courir le risque de faire une hypoglycémie en vous injectant précocement à la maison ou dans la voiture avant de vous rendre au restaurant par exemple.

Un droit

Aucune loi n’interdit aux personnes diabétiques de s’injecter de l’insuline ou de mesurer leur glycé­mie dans les endroits publics. Ainsi, personne ne peut vous interdire de le faire.

Il s’agit d’une forme de discrimination si, par exemple, l’employé d’un restaurant s’oppose à ce que vous vous injectiez à table ou vous oblige à le faire dans les toilettes ou hors de l’établissement.

Si vous pensez en être victime, vous pouvez porter plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). La CDPDJ a le pouvoir de défendre les droits des personnes diabétiques et pourra faire enquête sur la situation.

Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse 
Sans frais 1 800 361-6477

 

Recherche et adaptation: Équipe de professionnels de la santé de Diabète Québec

Août  2014 (mise à jour Janvier 2019)

© Tous droits réservés Diabète Québec

 

Adapté de :

Bergeron Caroline, diététiste/nutritionniste (2013). Courrier des lecteurs : L’injection d’insuline en public. Plein Soleil, Diabète Québec. p. 6
 

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