Pour les 1,1 à 1,6 milliards de musulmans à travers le monde, le Ramadan est un rituel religieux important et de célébration communautaire. Il n’est cependant pas sans risque pour les personnes vivant avec le diabète. Voici quelques conseils sur les précautions à prendre lors du Ramadan.
Qu’est-ce que le Ramadan ?
Le Ramadan est un mois saint de la religion islamique durant lequel le jeûne doit être observé du lever au coucher du soleil chaque jour. Il correspond au 9e mois du calendrier musulman. Ce calendrier étant lunaire, la période de Ramadan varie chaque année, tout comme les heures d’abstinence.
Les personnes vivant avec le diabète sont exemptées
Selon le Coran, le diabète fait partie des situations pouvant permettre l’exemption du jeûne étant donné les risques associés. Le jeûne est d’ailleurs déconseillé aux personnes vivant avec le diabète particulièrement si vous:
- Êtes à risque de déshydratation : personnes âgées, période de canicule, valeur de glycémie, c’est-à-dire de taux de sucre dans le sang souvent au-dessus des cibles;
- Êtes enceinte;
- Prenez de l’insuline ou des médicaments qui vous mettent à risque élevé d’hypoglycémie (*voir ici-bas).
Malgré tout, le fait de pratiquer ou non le Ramadan demeure un choix personnel.
Jeûne et diabète : Quels sont les risques associés?
- L’hypoglycémie, c’est-à dire taux de sucre au-dessous les valeurs cibles, si vous prenez de l’insuline ou des médicaments sécrétagogues de l’insuline tel que* la gliclazide (DiamicronMD et Diamicron MRMD), le glimépiride (AmarylMD), la glyburide (DiabetaMD), et la répaglinide (GlucoNormMD)
- L’hyperglycémie, c’est-à-dire taux de sucre au-dessus des valeurs cibles, qui peut mener à une situation d’urgence en cas d’hyperglycémie hyperosmolaire ou d’acidocétose diabétique;
- La déshydratation qui pourrait, entre autres, affecter vos reins.
Les risques sont d’autant plus importants chez les personnes vivant avec le diabète:
- ayant un contrôle glycémique instable;
- présentant des épisodes d’hypoglycémie fréquents et/ou ayant eu un épisode d’hypoglycémie sévère dans les 3 derniers mois;
- ne ressentant plus les symptômes d’hypoglycémie;
- présentant des complications du diabète comme par exemple des atteintes rénal;
- ayant une maladie aigüe active comme une infection, une grippe, un rhume ou de la fièvre;
- ayant une situation particulière qui augmente le risque d’hypoglycémie comme par exemple un métier physiquement actif et la pratique d’un sport d’intensité moyenne à élevée.
Afin que cette période festive se passe en toute sécurité, il est primordial de la planifier et de discuter de certains points avec son équipe de soins ou un.e professionnel.le de la santé
Voici ce qui devrait être discuté:
- L’état de santé général;
- Le contrôle du diabète;
- Les risques du jeûne;
- La médication;
- La surveillance de la glycémie.
L’importance de maintenir de saines habitudes de vie
Au-delà du jeûne quotidien, le Ramadan entraîne une perturbation drastique des habitudes de vie, particulièrement en lien avec l’alimentation et l’horaire de sommeil. Ces changements affectent de façon importante la gestion de la maladie et certains conseils sont de mise.
Rompre le jeûne
Lorsque le jeûne est rompu :
- Gardez un horaire stable pour les repas;
- Prenez des repas équilibrés;
- Évitez de grignoter continuellement pour ne pas affecter la glycémie;
- Privilégiez des collations nutritives contenant environ 15 g de glucides et des protéines, par exemple : noix, beurre de noix, yogourt grec, œufs, fromage;
- Buvez beaucoup d’eau;
- Lors de l’Iftar (repas mettant fin au jeûne au coucher du soleil), débutez par des aliments contenant des glucides à absorption rapide (fruits, dattes), puis optez pour des aliments contenant des glucides à absorption lente;
- Lors du Sahour (repas avant le lever du soleil), privilégiez les aliments contenant des glucides à absorption lente (harira, semoule, haricots, pain, riz, dhal) et ajoutez-y une source de protéine (viande, œufs, fromage).
Malgré une bonne préparation, certaines situations obligent de rompre le jeûne :
- Une hypoglycémie (glycémie en bas de 3,9mmol/L);
- Une hyperglycémie importante (glycémie en haut de 16.6mmol/L) ;
- Vomissements, diarrhées ou étourdissements (consultez votre pharmacien.ne ou appelez info-Santé au 811 rapidement afin d’être conseillé).
Nos conseils supplémentaires:
- Assurez-vous de surveiller votre glycémie 2 à 5 fois par jour, soit le matin, le midi, le soir et la nuit. Faites une mesure de votre glycémie immédiatement si vous ressentez des symptômes d’hyperglycémie ou d’hypoglycémie
- Soyez d’avantage attentif si vous prenez de l’insuline ou des médicaments sécrétagogues de l’insuline;
- Considérez l’utilisation d’un système de surveillance en continu du glucose avec des alarmes de glycémie basse et haute;
- Privilégiez les activités physiques d’intensité faible à modérée et évitez celles d’intensité élevée.