Le stress et le diabète

Le stress se définit comme l’ensemble des réactions de l’organisme lorsqu’il perçoit une demande d’adaptation.

Le diabète : une source de stress

Le diabète constitue un agent stressant pour plusieurs raisons :

  • Le diabète est un état chronique, permanent et imposé (la personne diabétique ne choisit pas de l’être).
  • Les symptômes sont généralement présents et dérangeants.
  • La personne atteinte est dépendante d’un traitement et se voit obligée de modifier ses habitudes de vie.
  • Le traitement peut occasionner des effets secondaires.
  • Les risques de complications viennent s’ajouter aux frustrations déjà nombreuses.
  • La maladie peut avoir une répercussion sur l’image de soi et la confiance en soi.
  • La personne atteinte peut être victime de préjugés et de discriminations: au travail, au moment de contracter une assurance, par le regard d’autrui, etc.

L’effet du stress sur la glycémie

Les situations de stress propres au diabète ou encore des conflits psychologiques tout à fait extérieurs au diabète peuvent affecter l’équilibre glycémique des personnes diabétiques. Le stress peut influencer le contrôle du diabète de deux façons :

Premièrement, le stress peut affecter l’équilibre du diabète par l’effet hyperglycémiant des hormones de stress.

Lors d’une situation de stress, le corps réagit en sécrétant des hormones de stress, soit les catécholamines (adrénaline, noradrénaline), le cortisol, le glucagon et l’hormone de croissance. Ces hormones de stress ont pour effet d’amener une hausse de la glycémie dans le but de procurer au corps l’énergie nécessaire pour lui permettre d’agir physiquement (fuir ou combattre) sur le stresseur. Toutefois, chez les personnes diabétiques (et surtout chez celles qui ont un mauvais contrôle du diabète), la hausse de glycémie peut perdurer si l’insuline disponible est insuffisante ou encore absente.

L’effet du stress sur la glycémie peut varier d’une personne à l’autre. Ainsi, le stress peut avoir un effet hyperglycémiant, hypoglycémiant ou, dans certains cas, ne pas affecter la glycémie.

Deuxièmement, le stress peut aussi influencer négativement le contrôle du diabète par les stratégies ou les comportements d’adaptation au stress (manger plus ou moins, consommer de l’alcool de façon excessive, etc.).

De même, un stress important peut également affecter négativement la motivation de la personne diabétique à participer à son traitement et, donc, à améliorer son contrôle de la glycémie.

Les manifestations du stress

Les manifestations du stress varient d’un individu à l’autre en fonction de sa personnalité, de sa capacité d’adaptation et de résistance au stress.

Ces signes peuvent être physiques (mains moites, augmentation du rythme cardiaque, problèmes menstruels), psychologiques (dépression, pleurs ou incapacité de pleurer, irritabilité) ou comportementaux (agressivité, perte de mémoire, augmentation de la consommation d’alcool).

Toutes ces réactions sont humaines. L’important est d’être conscient de l’émotion ressentie, de l’accueillir, de l’exprimer et de trouver le besoin qui se cache derrière l’émotion.

Par exemple, la colère peut exprimer un besoin de respect, d’écoute, de compréhension; la tristesse peut exprimer un besoin d’écoute, de soutien, de recueillement, de réconfort; la peur peut exprimer un besoin d’être rassuré, de mieux comprendre, etc.

Différentes réactions face au stress :

  • S’isoler à l’occasion peut être bénéfique pour réfléchir à ce que l’on veut faire de sa vie, mais fuir tout contact avec les autres peut conduire à la dépression.
  • Dramatiser sa condition ne fait qu’augmenter le niveau de stress, tout comme la nier ne nous aide pas à la contrôler.
  • Faire l’autruche soulage pour un temps, mais ne met pas à l’abri des conséquences néfastes du diabète.
  • Prendre un verre de vin ou un médicament pour dormir à l’occasion peut être acceptable, mais une consommation excessive d’alcool, de drogues, de médicaments pour dormir, etc. peut être nocive et engendrer d’autres problèmes de toutes sortes.
  • Demander de l’aide ne veut pas dire être faible ou être dépendant. Cela peut nous aider à faire face aux difficultés, tant que l’on assume nos responsabilités.

Il existe des façons pour apprendre à mieux gérer le stress. Découvrez des astuces pour apprivoiser votre stress.

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Recherche et adaptation : Équipe de professionnels de la santé Diabète Québec

Révision scientifique : Dr Alain Janelle, psychologue

Juillet 2014 (mise à jour juillet 2018)

Adapté de :

Tremblay Louise, M. Ed., infirmière. (Automne 1997). Stress et diabète, Plein Soleil, Diabète Québec, p.33-34

et

Gosselin Marjolaine, psychologue. (Printemps 2000). Le stress au détour du chemin, Plein Soleil, Diabète Québec, p.25

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