La maladie cœliaque et le diabète

Le gluten est une protéine que l’on retrouve principalement dans le blé. C’est entre autres ce qui confère au pain sa texture moelleuse.

La maladie cœliaque en bref

Tout comme le diabète de type 1, la maladie cœliaque est une maladie auto-immune. Chez les personnes atteintes de cette maladie, la consommation de gluten déclenche une réaction anormale du système immunitaire qui abîme les parois de l’intestin. Ces dommages nuisent à l’absorption des éléments nutritifs, comme le fer, le calcium et certaines vitamines, présents dans les aliments.

À long terme, les carences nutritionnelles occasionnées par la maladie peuvent entraîner de l’anémie (carence en fer, acide folique ou vitamine B12), de l’ostéoporose (fragilisation des os due à un manque de calcium et de vitamine D), des problèmes de fertilité et accroître le risque de développer certains cancers.

Bien qu’on n’en comprenne pas encore tous les rouages, les recherches des dernières années démontrent clairement que les personnes diabétiques de type 1 sont plus à risque de développer cette maladie.

Les symptômes

Les symptômes ressentis peuvent varier d’un in­dividu à l’autre. Les plus fréquents sont les suivants :

  • ballonnements, flatulences
  • constipation
  • diarrhée récurrente
  • faiblesse/fatigue extrême
  • indigestion
  • perte de poids
  • retard de croissance et de puberté (chez les enfants)
  • anémie
  • hypoglycémies fréquentes et inexliquées 

Dans certains cas, la maladie cœliaque est silencieuse, c’est-à-dire qu’elle ne présente aucun symptôme. D’autres fois, elle se manifeste par une dermatite herpétiforme qui se caractérise par l’apparition de cloques sur les coudes, les genoux, les fesses et le haut du dos, accompagnée d’une sensation de brûlure et de démangeaisons.

Les causes

Certains facteurs génétiques ont été associés à la maladie cœliaque. D’ailleurs, la probabilité de développer la maladie grimpe à 10 % chez les gens dont un membre de la famille proche (parent, frère, sœur) en est atteint. Les personnes atteintes d’une autre maladie auto-immune (diabète de type 1, maladie thyroïdienne) ou de trisomie sont également plus à risque.

Par contre, les gènes n’expliquent pas tout. Les mécanismes qui déclenchent l’apparition des symptômes sont encore mal compris. Dans certains cas, le stress aurait un rôle important à jouer. En effet, les premiers symptômes apparaissent souvent suite à un stress physique ou psychologique sévère tels une infection, une chirurgie, une grossesse ou un choc émotif.

Le diagnostic

La maladie cœliaque peut se déclencher à tout âge, mais elle est le plus souvent diagnostiquée entre 30 et 60 ans. Pour la dépister, on effectue d’abord une analyse des taux sanguins d’anticorps spécifiques à la maladie. Si ce test est positif, on effectue ensuite une biopsie (prélèvement de tissu) du petit intestin. Si la biopsie démontre des lésions, cela confirme le diagnostic de maladie cœliaque.

Toutefois, on recommande de ne pas entamer de régime sans gluten avant d’avoir fait la biopsie, car cela pourrait fausser le diagnostic. Dans ses lignes directrices 2018, Diabète Canada recommande aux personnes diabétiques de type 1 qui éprouvent des symptômes apparentés à la maladie cœliaque de se soumettre à un dépistage.

Le traitement

La maladie cœliaque est permanente, c’est-à-dire qu’elle ne disparaît pas avec les années. Par contre, suivre un régime sans gluten à vie permet la disparition complète des symptômes et le rétablissement de l’intestin. Avant d’entamer ce régime, il est essentiel, pour la personne diabétique, d’avoir reçu la confirmation du diagnostic par un médecin et d’être suivi par une nutritionniste spécialisée en maladie cœliaque et en diabète. La nutritionniste s’assurera d’abord que le diabète est bien contrôlé avant d’entamer le régime sans gluten.

Régime sans gluten et diabète

Concilier le régime sans gluten avec le diabète peut être une véritable gymnastique alimentaire! Si le régime n’est pas équilibré, il peut occasionner des carences alimentaires et une hausse de la glycémie.

La complexité vient du fait que le gluten se retrouve dans plusieurs aliments consommés quotidiennement. En fait, cette protéine est présente dans les céréales de blé (incluant le kamut, l’épeautre et le triticale), d’avoine*, d’orge et de seigle. Ainsi, tous les produits transformés à base de ces céréales (ex. : pains, pâtisseries, céréales à déjeuner, barres de céréales, biscuits, craquelins, pâtes alimentaires, couscous, boulgour, etc.) contiennent du gluten.

En retirant tous ces produits de l’alimentation, spécialement ceux faits de blé entier, on élimine les principales sources de fibres alimentaires qui aident entre autres au contrôle de la glycémie. De plus, les produits alternatifs sans gluten ont souvent une faible teneur en fibres, sont plus riches en glucides et fournissent moins de protéines.

Voici quelques conseils qui peuvent aider les personnes diabétiques atteintes de la maladie cœliaque à faire des choix santé et sans gluten :

  • Mangez des aliments qui sont le moins transformés possible (légumes, fruits, poissons, volailles, œufs, noix, lait, etc.)
  • Évitez les aliments frits ou panés (les huiles à friture des restaurants sont souvent contaminées par le gluten et les panures contiennent généralement du gluten)
  • Remplacez les produits du blé par des féculents naturellement sans gluten (pomme de terre, riz, maïs, quinoa, tortilla de maïs, galettes de riz, vermicelles de riz, etc.)
  • Optez pour des céréales entières (riz brun, quinoa, amarante et sarrasin) et les légumineuses (pois chiches, haricots, lentilles, fèves de soya, etc.) pour optimiser votre apport en fibres et en protéines
  • Utilisez votre propre four grille-pain et ayez vos propres pots de confitures et de tartinade (mayonnaise, moutarde, etc.) afin d’éviter la contamination croisée
  • Évitez les sources cachées de gluten comme l’avoine*, la sauce soya, les imitations de fruits de mer (goberge), les alcools à base de céréales (bière), certaines soupes et bouillons du commerce, les saucisses et les charcuteries.

Notez que la liste qui précède n’est pas exhaustive et ne devrait en aucun cas remplacer les conseils personnalisés d’une nutritionniste spécialisée en maladie cœliaque et diabète.

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*Selon Santé Canada, une faible quantité d’avoine pure, non contaminée par d’autres céréales, ne poserait pas de problème pour la plupart des individus atteints de la maladie cœliaque.

 

Pour plus de renseignements :

Fondation québécoise de la maladie cœliaque
Association canadienne de la maladie cœliaque

Pour trouver une nutritionniste :

Ordre professionnel des diététistes du Québec

 

Recherche et rédaction : Équipe de diététistes/nutritionnistes de Diabète Québec

Texte adapté de : Bergeron C., diététiste/nutritionniste (Hiver 2013-2014). Intolérance au gluten et diabète : y a-t-il un lien?, Votre diététiste vous répond, Plein Soleil, Diabète Québec, p. 20-22

Autre référence: Wherrett D, Ho J, Huot C et al. Diabetes Canada 2018 Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Management of Diabetes in Canada: Type 1 Diabetes in Children and Adolescents. Can J Diabetes 2018; 42 (Suppl 1): S234-S246.

Dernière mise à jour: juillet 2018

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