Aider votre enfant à faire face à la douleur

La charge émotive vécue lors du traitement est parfois plus grande que la douleur ressentie.

Voici quelques trucs simples et pratiques à utiliser au quotidien avec votre enfant diabétique pour limiter sa douleur et son anxiété lors des traitements du diabète, au rang desquels figurent les piqûres (mesure de la glycémie et injection d’insuline).

Heureusement, les aiguilles utilisées pour injecter l’insuline sont de plus en plus courtes et fines. Lorsque l’on utilise la bonne technique d’injection, l’aiguille ne crée la plupart du temps qu’un léger pincement.

Il peut arriver que les manifestations de douleur de l’enfant servent à manipuler son entourage pour faire cesser les injections. Il est toutefois important de rester attentif : il peut arriver qu’on utilise une mauvaise technique d’injection, que l’alcool sur la peau ne soit pas sèche avant l’insertion de l’aiguille si on utilise un tampon d’alcool, ou encore que l’aiguille soit émoussée, etc.

Il peut être aidant pour un parent de se faire une piqûre (sans insuline évidemment) pour démystifier la procédure et ne pas transmettre sa crainte à l’enfant.

Chaque enfant réagit différemment à la peur et à la douleur. L’important est de trouver la façon de faire et les astuces qui conviennent à chacun. Lui laisser choisir le site d’injection une fois sur deux peut lui donner l’impression de garder une certaine maîtrise de la situation.

Le plus important est que l’épisode douloureux pour l’enfant se passe dans un environnement calme. S’il peut se détendre, la douleur ne disparaîtra pas, mais elle sera plus tolérable.

La théorie du portillon

La théorie du portillon se base sur le fait qu’une impulsion nerveuse en provenance du cerveau peut être influencée par les émotions et l’anxiété. Selon le cas, la barrière du portillon se ferme ou s’ouvre pour laisser passer l’influx de la douleur.

Par exemple, se frotter la peau juste avant l’injection, serrer fort son animal favori ou le bras de papa (toute activité motrice qui ne nuit pas au traitement) pourra diminuer la douleur ressentie. Le portillon sera alors fermé et ne laissera pas passer la douleur.

La diversion

Si votre enfant aime mieux regarder l’injection, des méthodes pour l’aider à garder le contrôle le sécuriseront, comme prendre de grandes respirations, compter les secondes, etc.

Par contre, si votre enfant préfère ne pas regarder, vous pourrez le distraire en détournant son attention pendant l’injection. Demandez-lui par exemple de parler à sa poupée ou à son animal préféré, de raconter des histoires, de souffler des bulles ou encore de regarder dans un kaléidoscope. Vous pouvez aussi caresser et bercer l’enfant pendant le traitement.

Les associations

Comparer les différentes étapes du traitement à des circonstances similaires de la vie quotidienne peut aussi aider. Par exemple, comparer la douleur de l’injection à celle d’une piqûre de moustique.

Le gant magique

Faites comme si vous placiez un gant invisible sur la main de l’enfant et dites-lui que ce gant a le pouvoir magique d’engourdir la main et d’aider à diminuer la douleur au bout du doigt. Pendant que vous parlez à l’enfant et que vous lui expliquez que le gant est en place, massez-lui légèrement la main. Ceci aura pour effet de relaxer la main et de la préparer à recevoir la piqûre.

Le renforcement positif

Démontrez à votre enfant que vous êtes fier de lui lorsqu’il a surmonté bravement un épisode douloureux. Cela pourrait l’inciter à se comporter d’une façon similaire les fois suivantes.

Même si une technique ne fonctionne pas la première fois, ne vous découragez pas, elle pourrait fonctionner la fois suivante.

N’hésitez pas à aborder le sujet avec un professionnel de la santé pour des trucs personnalisés.

Consultez aussi notre section sur l’apprentissage de l’autonomie chez l’enfant.

 

Recherche et adaptation : Équipe de professionnels de la santé de Diabète Québec

Révision scientifique : Caroline Boucher, inf. clinicienne, clinique du diabète du CHU Sainte-Justine

Juin 2014 (mise à jour Janvier 2019)

© Tous droits réservés Diabète Québec

 

Adapté de:

Roy Johanne, infirmière. (Hiver 1995). Comment aider votre enfant diabétique à faire face à la douleur, Plein Soleil, Diabète Québec, p.20-22

 

Ressource:

Geoffroy Louis et Gonthier Monique (2012). Le diabète chez l’enfant et l’adolescent. Éditions du CHU Ste-Justine. 638 p. 

Autre référence:

Totka P. Joan et coll. (Décembre 1993). Pain Management for Children with Insulin-Dependent Diabetes, The Diabetes Educator, Vol 19 No 6, p.481