Diabète de grossesse

Le diabète de grossesse n’augmente ni le risque de malformations, ni le risque que l’enfant soit diabétique à la naissance.

Aussi appelé diabète gestationnel, ce diabète touche 3 à 20 % des femmes enceintes. Il se manifeste par une augmentation de la glycémie vers la fin du 2e et au 3e trimestre de la grossesse. Dans la majorité des cas, il disparaît après l’accouchement, mais la mère devient à risque de développer le diabète de type 2 dans les années qui suivent.

La cause

Il résulte d’une résistance des cellules à l’action de l’insuline, causée naturellement durant la grossesse par les hormones du placenta. Chez certaines femmes, le pancréas ne parvient pas à sécréter assez d’insuline pour contrebalancer l’effet de ces hormones, entraînant une hyperglycémie, puis un diabète.

Les symptômes

Généralement, la femme enceinte n’a pas de symptômes évidents de diabète. Toutefois, il arrive occasionnellement que des symptômes se manifestent :

  • Fatigue inhabituelle
  • Soif exagérée
  • Augmentation du volume et de la fréquence des urines
  • Maux de tête

Ces symptômes peuvent passer inaperçus, car ils sont très fréquents chez la femme enceinte.

Les femmes à risque

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer un diabète de grossesse :

  • Être âgée de 35 ans ou plus
  • Avoir un surplus de poids
  • Avoir des membres de la famille atteints de diabète de type 2
  • Avoir une grossesse multiple
  • Avoir déjà accouché d’un bébé de plus de 4 kg (9 lb)
  • Avoir déjà développé un diabète de grossesse lors d’une grossesse précédente
  • Faire partie d’un groupe ethnique à haut risque de diabète (descendance autochtone, latino-américaine, asiatique, arabe ou africaine)
  • Avoir eu des taux de sucre anormalement élevés dans le passé, soit un diagnostic d’intolérance au glucose ou de prédiabète
  • Prendre un médicament à base de cortisone de façon régulière
  • Souffrir du syndrome des ovaires polykystiques
  • Souffrir d’acanthosis nigricans, une décoloration de la peau souvent brunâtre au niveau du cou et sous les bras

Le dépistage

Les Lignes directrices 2018 de pratique clinique de Diabète Canada pour la prévention et la prise en charge du diabète au Canada recommandent un test de dépistage du diabète chez toutes les femmes enceintes, entre la 24e et la 28e semaine de grossesse. Pour les femmes plus à risque de développer un diabète de grossesse, le test doit être fait plus tôt.

La méthode préconisée pour le test de dépistage du diabète est la mesure de la glycémie 1 heure après l’ingestion d’un liquide contenant 50 g de glucose.

  • Si le résultat est inférieur à 7,8 mmol/L, le test est normal.
  • Si le résultat est entre 7,8 et 11,0 mmol/L, un test d’hyperglycémie orale provoquée (HGPO) doit être fait pour clarifier le résutat.
  • Si le résultat est supérieur à 11,0 mmo/L, il y a présence de diabète gestationnel.

Le test d’HGPO consiste en l’ingestion d’un liquide sucré contenant 75 g de glucose. Trois prises de sang sont faites: à jeun, 1 heure après l’ingestion du liquide sucré et 2 heures après l’ingestion du liquide sucré. Le diagnostic de diabète est posé si une des valeurs est égale ou supérieure à:

  • 5,3 mmol/L à jeun
  • 10,6 mmol/L 1 heure après l’ingestion du liquide sucré
  • 9,0 mmol/L 2 heures après l’ingestion du liquide sucré

Certains centres font d’emblée le test d’HGPO. Dans ce cas, les valeurs cibles suivantes s’appliquent pour le diagnostic:

  • 5,1 mmol/L à jeun
  • 10,0 mmol/L 1 heure après l’ingestion du liquide sucré
  • 8,5 mmol/L 2 heures après l’ingestion du liquide sucré

Les risques et complications possibles

Les risques sont nombreux lorsque le diabète de grossesse n’est pas bien contrôlé et que le taux de sucre dans le sang demeure élevé.

Pour la mère :

  • Surplus de liquide amniotique, augmentant le risque d’un accouchement prématuré
  • Risque d’un accouchement par césarienne ou d’un accouchement vaginal plus difficile (à cause, entre autres, du poids du bébé)
  • Hypertension de grossesse ou pré-éclampsie (tension artérielle élevée et enflure)
  • Risque plus élevé de rester diabétique après l’accouchement ou de développer à long terme un diabète de type 2 (20 à 50 % de risque dans les 5 à 10 années suivant la grossesse)

Pour le bébé :

  • Bébé plus gros que la normale à la naissance (plus de 4 kg ou 9 lb)
  • Hypoglycémie (baisse de sucre dans le sang) à la naissance
  • Risque de blocage lors de la sortie des épaules pendant l’accouchement
  • Risque d’être obèse et de présenter une intolérance au glucose au début de l’âge adulte (surtout si le poids de naissance est plus grand que 4 kg ou 9 lb)

Risque léger de :

  • Jaunisse, surtout si l’enfant est prématuré
  • Manque de calcium dans le sang
  • Difficultés respiratoires

Un bon contrôle du diabète permet de réduire considérablement les risques de complication.

Le traitement

En cas de diagnostic de diabète gestationnel, un plan d’alimentation personnalisé sera élaboré pour contrôler la glycémie.

Généralement, une saine alimentation qui tient compte des portions et de la répartition des glucides (sucres) ainsi qu’une bonne hygiène de vie (gestion du stress, sommeil adéquat et activité physique) sont suffisantes pour contrôler le diabète de grossesse.

Si les glycémies demeurent trop élevées, le médecin prescrira alors des injections d’insuline ou, dans certains cas, des antidiabétiques oraux.

Valeurs cibles de glycémie pour la majorité des femmes enceintes :

  • À jeun <5,3 mmol/L
  • 1 heure après un repas <7,8 mmol/L
  • 2 heures après un repas <6,7 mmol/L

Les valeurs cibles pour l’autocontrôle du diabète gestationnel sont différentes de celles des autres types de diabète.

L’importance d’une alimentation équilibrée

Une alimentation équilibrée est primordiale pour le contrôle des glycémies et pour une grossesse en santé.

En présence de diabète gestationnel, certaines modifications à l’alimentation, incluant la quantité de glucides pour chaque repas, devront être apportées. L’alimentation contrôlée en glucides est la pierre angulaire du traitement. Il est primordial de ne pas les éliminer complètement, mais plutôt de les répartir tout au long de la journée.

Votre plan d’alimentation

Un ou une diététiste/nutritionniste vous aidera à établir ou à modifier votre plan d’alimentation selon vos besoins énergétiques.

Il ou elle saura également vous conseiller quant aux autres nutriments importants à intégrer à votre alimentation durant la grossesse :

  • protéines
  • acides gras essentiels
  • fer
  • acide folique
  • vitamine D
  • calcium

Pour plus de renseignements sur le modèle de repas équilibré à privilégier, consultez la section Assiette équilibrée.

L’importance de l’activité physique

L’activité physique aide au contrôle du diabète durant la grossesse et apporte de nombreux avantages pour la santé de la femme enceinte et de son bébé.

On recommande à la plupart des femmes enceintes de faire un total de 150 minutes d’activité physique par semaine, idéalement en au moins 3 à 5 séances de 30 à 45 minutes. Si vous n’étiez pas active avant la grossesse, commencez graduellement.

Les activités cardiovasculaires sécuritaires (intensité légère à modérée) pendant la grossesse incluent :

  • la marche
  • la danse
  • le vélo
  • la natation
  • les appareils d’exercice stationnaires
  • le ski de fond
  • le jogging

Consultez votre médecin avant d’entreprendre ces activités et évitez les activités physiques à risque de chute, de perte d’équilibre, de coups ou de déplacements brusques (par ex. : soccer, badminton, etc.).

Pensez à bien vous hydrater avant, pendant et après l’exercice, en plus d’avoir sur vous votre lecteur de glycémie et une source de glucides à absorption rapide en cas d’hypoglycémie.

Avant la pratique d’activité physique, les doses d’insuline peuvent être diminuées chez certaines pour limiter le risque d’hypoglycémie. Votre équipe médicale vous aidera à ajuster vos doses au besoin.

Pendant l’accouchement

Durant l’accouchement, l’équipe médicale surveille régulièrement la glycémie et adapte le traitement selon les lectures. Quant au bébé, sa glycémie est également contrôlée durant les heures suivant sa naissance.

Après l’accouchement

Dans la majorité des cas, le diabète disparaît après l’accouchement. Toutefois, les risques de développer un diabète dans les années qui suivent augmentent, surtout si un excès de poids est maintenu. Pour éviter cette situation, il est conseillé de maintenir un poids santé, d’avoir une alimentation équilibrée et de faire de l’activité physique régulièrement.

De plus, il est recommandé de procéder à un test mesurant la glycémie entre 6 semaines et 6 mois après l’accouchement, afin de vérifier si le taux de sucre est revenu à des valeurs normales. Avant d’entreprendre une autre grossesse, une consultation avec un médecin est également suggérée.

L’allaitement

L’allaitement est recommandé pour toutes les femmes, diabétiques ou non. Le lait maternel est un excellent aliment pour votre nourrisson. En plus d’aider la mère à perdre le poids gagné durant la grossesse, allaiter aide au contrôle de la glycémie, à la prévention du diabète de type 2 et à l’amélioration de la tension artérielle. Chez l’enfant, cela permet de réduire le risque d’obésité et de développer le diabète plus tard dans sa vie. Les besoins nutritionnels de la femme qui allaite demeurent sensiblement les mêmes qu’au dernier trimestre de grossesse.

Il est conseillé de débuter l’allaitement immédiatement après l’accouchement pour éviter l’hypoglycémie chez le nourrisson, et de le poursuivre jusqu’à ce que l’enfant ait au moins 6 mois.

Ressource :

Recherche et adaptation : Équipe de professionnels de la santé de Diabète Québec

Adapté de : Diabète Québec (2013) Diabète et grossesse.

Juin 2014 (mise à jour juillet 2018)

©Tous droits réservés Diabète Québec

Références :

Feig D, Berger H, Donovan L et al. Diabetes Canada 2018 Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Management of Diabetes in Canada: Diabetes and Pregnancy. Can J Diabetes 2018; 42 (Suppl 1): S255-S282.

Société canadienne de pédiatrie (28 février 2018). Le sevrage de l’allaitement [En ligne]. Repéré à https://www.cps.ca/fr/documents/position/sevrage-de-allaitement (page consultée le 18 juillet 2018).