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Accueil / Insulines / [La pompe à insuline]

La pompe à insuline

Michel* est âgé de 15 ans. Il vérifie sa glycémie quatre fois par jour, suit attentivement son régime alimentaire et s’injecte trois doses d’insuline par jour. Malgré cela, il arrive difficilement à contrôler sa glycémie. Jean*, lui, ne sait jamais quand son taux de sucre chutera, ce qui occasionne de nombreuses crises hypoglycémiques. Il a 13 ans. Julia*, 10 ans, a un excellent contrôle glycémique mais sent le poids de toutes les contraintes que lui impose la gestion de son diabète.

Qu’ont en commun ces trois personnes ? Dans l’espoir de trouver une solution à leur problème, ils ont tous troqué leur matériel d’injection pour une pompe à insuline.

Qu’est-ce que le traitement par pompe à insuline ?

Le traitement par pompe à insuline est une forme d’insulinothérapie intensive ayant pour but d’améliorer le contrôle glycémique. Il a recours à une pompe externe à piles, de la taille d’un téléavertisseur, qui libère continuellement de l’insuline à action rapide à l’aide d’une sonde. La sonde doit être changée tous les deux ou trois jours. On l’insère sous la peau à l’aide d’une petite aiguille qu’on enlève ensuite.

La pompe à insuline libère de façon constante et automatique une quantité (débit de base) d’insuline prédéterminée par l’utilisateur. Le débit de base varie au cours de la journée et de la nuit, en fonction des besoins en insuline de la personne. Pour administrer un bolus (dose supplémentaire d’insuline), à l’heure des repas ou lorsque la glycémie augmente de façon inhabituelle, il suffit d’appuyer sur un bouton situé sur la pompe.

La pompe à insuline tente d’imiter la fonction pancréatique mais, à la différence du pancréas, ne libère pas une quantité d’insuline variable en fonction de la glycémie. En surveillant de près son taux de sucre sanguin, cependant, il est possible de profiter de la liberté qu’offre cette méthode d’administration tout en obtenant un excellent contrôle de sa glycémie.

Les avantages

Des études menées auprès d’enfants et d’adultes ont démontré que le traitement par pompe à insuline offrait parfois un meilleur contrôle de la glycémie que la méthode d’injection quotidienne ou multiquotidienne. Or, selon le D.C.C.T., les risques de complications à long terme sont de beaucoup réduits chez les personnes qui contrôlent bien leur glycémie. L’avènement des lecteurs de glycémie permet également de constater que la pompe à insuline offre généralement un meilleur contrôle, réduisant par le fait même les hausses et les chutes glycémiques.

L’un des principaux avantages de la pompe à insuline réside dans la liberté qu’elle offre sur le plan du mode de vie. Cet avantage est encore plus prononcé chez les enfants et les adolescents, qui ont un horaire très variable de jour en jour et d’une saison à l’autre. L’utilisateur peut même décider spontanément quand administrer son insuline et à quelle dose. « Nous n’avons plus besoin de vivre le nez collé à la montre, à attendre la prochaine injection ou le prochain repas », déclare un jeune. « Depuis que j’ai une pompe, je peux dormir le matin et faire plein de choses qui m’étaient interdites auparavant », poursuit un second. Ces commentaires sont éloquents.

Les risques

La pompe à insuline libère de l’insuline lispro à action rapide dont l’effet ne dure que trois ou quatre heures. Toute interruption non planifiée de l’administration de la dose requise pourrait occasionner chez l’utilisateur une acidocétose diabétique, une réaction de l’organisme à un manque d’insuline qui peut être mortelle. Cela peut arriver si la pompe est obstruée ou se déloge, ou encore si l’utilisateur oublie de changer la cartouche. Si plusieurs heures s’écoulent avant que l’utilisateur ne s’aperçoive de la situation, sa glycémie augmentera rapidement et des cétones seront libérées dans ses urines.

Toutefois, à l’instar des personnes qui s’injectent, les utilisateurs de pompe peuvent éliminer les risques d’acidocétose en vérifiant fréquemment leur glycémie (quatre fois par jour), et en ayant accès jour et nuit à des conseils médicaux sur la gestion du diabète.

Certaines études font état d’une prise de poids durant les premiers mois du traitement par pompe à insuline. Selon notre expérience, toutefois, c’est plutôt l’inverse qui se produit : n’ayant plus besoin de se forcer à manger pour contrôler leur glycémie, de nombreux jeunes utilisateurs se mettent à perdre du poids, ou du moins à mieux le contrôler.

La sonde (ou le tube) de la pompe demeure longtemps sous la peau et, pour cette raison, peut causer des infections. Ces infections peuvent cependant être évitées en changeant fréquemment la sonde (tous les deux ou trois jours) à l’aide de la bonne technique, et en nettoyant bien la peau.

Le traitement par pompe à insuline vous convient-il ?

Parce qu’elle facilite le contrôle de la glycémie et améliore la qualité de vie, la pompe à insuline peut s’avérer un excellent moyen de gérer le diabète. Bien sûr, elle ne fait pas disparaître la maladie. Pour des raisons de sécurité et d’efficacité, la pompe exige une vigilance accrue.

Durant les deux ou trois premières semaines de traitement, les utilisateurs doivent vérifier leur glycémie 10 à 12 fois par jour pour permettre à l’infirmière éducatrice en diabète ou au médecin de déterminer les débits de base et bolus requis. Par la suite, ils doivent effectuer au moins quatre vérifications par jour.

Sans cela, leur contrôle glycémique pourrait ne pas s’améliorer et même s’aggraver, et le risque d’acidocétose diabétique serait inacceptable. Pour les utilisateurs de la pompe, et surtout les enfants et adolescents, il est particulièrement important de consigner les résultats des vérifications de façon à suivre les tendances de la glycémie et à rajuster les débits de base et bolus en fonction des besoins changeants de l’organisme.

La personne qui débute un traitement par pompe à insuline doit complètement réapprendre à gérer sa maladie. Elle doit suivre une séance d’information de six à huit heures auprès d’une diététiste spécialisée en matière de diabète et d’une infirmière éducatrice en diabète autorisée à lui enseigner comment utiliser la pompe. Il lui faudra aussi calculer le nombre de grammes de glucides consommés à chaque repas pour déterminer le bolus en fonction de son alimentation. Les unités d’insuline sont ensuite calculées en fonction du nombre de grammes de glucides par repas.

Durant les deux ou trois premières semaines, l’utilisateur doit habituellement téléphoner à son professionnel de la santé tous les jours pour discuter de ses résultats glycémiques et des changements de dosage à apporter. Par la suite, il doit avoir accès jour et nuit à des conseils médicaux pour l’aider à gérer sa maladie et à utiliser la pompe.

Opter pour le traitement par la pompe à insuline demeure un choix personnel. Il ne fait aucun doute, toutefois, qu’une bonne utilisation de la pompe permet un meilleur contrôle de la glycémie. Mais les personnes atteintes de diabète doivent elles-mêmes décider si ce traitement améliore leur qualité de vie et en vaut la peine.

Le coût du traitement est un autre élément dont il faut tenir compte. La pompe coûte actuellement environ 5 100 $ CAN, et les fournitures associées entre 1 500 $ et 2 000 $ par année (piles, sonde, cartouches et ruban). Ajoutez ensuite à cela le prix des bandelettes d’autosurveillance de la glycémie. Heureusement, la plupart des sociétés d’assurance assumeront le coût de la pompe et des fournitures sur réception d’une lettre d’un médecin attestant de leur nécessité sur le plan médical. De plus, des organismes comme les clubs Rotary et Lions ont déjà aidé certaines de nos familles à en assumer les coûts.

Mais revenons maintenant aux trois enfants mentionnés au début de l’article. Pour Michel, le jeune de 15 ans qui n’arrivait pas à contrôler sa glycémie malgré des injections quotidiennes et de nombreux efforts, la pompe est plus facile à utiliser à bien des égards et en vaut certainement la peine. Depuis qu’il a commencé à utiliser la pompe il y a un an, Jean n’a fait aucune crise hypoglycémique et ses niveaux de HbA1C2 se sont améliorés. Julia contrôle toujours aussi bien sa glycémie mais peut maintenant faire ce qu’elle désire quand elle le désire.

Le recours au traitement par la pompe à insuline demeure un choix personnel. Chose certaine, il peut améliorer la vie et la santé des personnes qui sont prêtes à y mettre l’effort nécessaire pour en assurer la sécurité et l’efficacité.

N’est pas « pompiste » qui veut

La pompe à insuline est utilisée depuis maintenant plus de 20 ans. Les modèles actuels sont plus petits, plus sécuritaires et plus faciles à utiliser que leurs prédécesseurs. Plusieurs études ont confirmé que la pompe à insuline permet habituellement le meilleur contrôle glycémique parmi tous les choix de traitement actuels.

Cependant, le pré-requis majeur est une bonne sélection des candidats. Le candidat idéal doit :

  • prendre tout le temps nécessaire à bien connaître son diabète
  • comprendre l’interaction aliments – exercice – maladie – stress - insuline
  • accepter le « piquage de doigt » au moins quatre fois par jour (et souvent plus)
  • tenir un bon registre de tous ses résultats
  • vouloir et pouvoir apprendre à compter correctement les grammes de glucides dans son alimentation
  • être apte à résoudre les problèmes de hauts et de bas glycémiques sans paniquer
  • avoir un professionnel de la santé (médecin ou éducateur en diabète) connaissant bien la pompe et joignable en tout temps (pas facile !)
  • être une personne diabétique prête à communiquer régulièrement avec son équipe traitante
  • accepter de porter le dispositif sur soi 24 heures par jour et de faire l’entretien régulier de la pompe et de la tubulure

De plus, il faut beaucoup de sous ou un bon plan d’assurance privé : 5,000 $ pour la pompe et environ 2,000 $ par année pour le matériel associé.

Enfin, il y a un dernier critère, et non le moindre, pour choisir un candidat : la stabilité psychologique.

La pompe n’est qu’un outil, raffiné d’accord, mais seulement un outil pour viser un meilleur contrôle. Elle ne doit pas devenir une fin en soi, une obsession, une excuse, une maîtresse.

Si vous répondez à tous ces critères, assoyez-vous avec votre médecin et demandez-lui : « Alors docteur, parlez-moi de la pompe à insuline ! »

*Noms fictifs

Source : Plein Soleil – Printemps 2001, Article tiré de la revue Diabetes Dialogue de l’Hiver 2000 (ACD) et compléter par le Dr Daniel Caron, endocrinologue, Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

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