Portrait du diabète au Québec
Il y a au Québec 650 000 personnes diabétiques. De ce nombre, 200 000, en grande partie des personnes ayant dépassé la quarantaine, ignorent leur condition soit 40 % du lot. Environ 10 % sont atteintes de diabète de type 1 (carence totale d’insuline traitée par injection d’insuline de deux à cinq fois par jour), un diabète qui se déclare presqu’exclusivement chez les enfants et les jeunes adultes.
La majorité des diabétiques, 90 % des cas, est de type 2 (carence partielle d’insuline ou résistance métabolique à l’insuline traitée par un changement de régime alimentaire, l’activité physique, une médication orale, l’insuline ou une thérapie combinée). Ce type de diabète se rencontre surtout chez les adultes ayant dépassé la quarantaine, mais on le retrouve de plus en plus chez les jeunes.
Le diabète en bref
- Bien que des études épidémiologiques au Québec soient encore très préliminaires, on estime actuellement à 6,4 % la proportion de personnes de 20 ans et plus à être diagnostiquées diabétiques. Ce pourcentage s’élève à plus de 20 % chez les personnes de plus de 65 ans.
- Si la tendance se maintient, en 2025, le taux de diabète aura doublé tant au Québec qu’ailleurs dans le monde. On assiste donc à une véritable épidémie du diabète, comme le souligne l’Organisation mondiale de la santé.
- 40 % des diabétiques vont contracter des complications débilitantes, voire mortelles.
- Plus de 70 % des personnes diabétiques mourront d’une maladie cardiovasculaire, une proportion deux fois supérieure à celle que l’on retrouve chez la population non diabétique.
- Le diabète est responsable de :
- 25 % des opérations chirurgicales du coeur
- 40 % des insuffisances rénales (première cause de dialyse)
- 50 % des amputations d’origine non traumatique
- première cause de cécité chez les adultes de moins de 65 ans
- Le diabète est coûteux, tant pour l’individu que pour la société. Il perturbe la vie de famille, le travail, occasionne des pertes d’emploi, diminue la qualité de vie et l’espérance de vie.
- Les complications qui lui sont associées regroupent notamment les maladies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux et la vasculopathie périphérique (atteinte des vaisseaux sanguins), la neuropathie (atteinte des nerfs), la néphropathie (atteinte des reins), la rétinopathie (atteinte des yeux), les dysfonctions sexuelles et l’hypertension artérielle.
- Il fait partie des complications possibles pendant la grossesse. 4 à 6 % des femmes développeront un diabète de grossesse. On estime qu’une femme sur trois ayant développé ce diabète sera atteinte de diabète de type 2 ultérieurement (5 à 15 ans plus tard).
- Le diabète de type 2 (90 % des diabétiques) est lié à plusieurs facteurs tels que :
- L’obésité
- La sédentarité
- L’âge (donc le vieillissement de la population)
- Les antécédents familiaux (hérédité)
- Le diabète de grossesse
- Si les soins aux diabétiques se maintiennent au niveau actuel, on peut prévoir un accroissement important des complications de la maladie et, par conséquent, des coûts afférents à ce problème de santé publique.
Le coût du diabète
- Au Québec, le coût de ces soins est estimé à trois milliards de dollars par an en frais directs et indirects. Un lit sur cinq à l’hôpital est occupé par une personne diabétique.
- En 2003, les dépenses de soins de santé pour les personnes diabétiques étaient trois à cinq fois plus élevées que pour le grand public.
- L’impact socio-économique du diabète et de ses complications est une autre considération importante. Pertes d’emploi et d’autonomie, dépression, drames familiaux, divorces, faillites commerciales et personnelles, les conséquences à plus ou moins long terme sont graves et semblent souvent sans issue. Il n’est donc pas surprenant d’observer que le niveau socio-économique des personnes diabétiques est inférieur à celui de la population en général.
Le diabète est un problème de santé national et doit constituer une priorité stratégique dans la réforme des services de santé. Les demandes répétées de Diabète Québec auprès du gouvernement provincial vont en ce sens.
Source : Diabète Québec - Mai 2009