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La prunelle de vos yeux : l’œdème maculaire

La cécité est l’une des complications les plus appréhendées par les personnes diabétiques. Perdre la vue est loin d’être une exception. Conséquence majeure de l’atteinte de la rétine, la perte visuelle survient plusieurs années après le début de la maladie. Le docteur Sébastien Olivier, médecin ophtalmologiste, chirurgien et chercheur spécialisé dans l’étude de la rétine, nous parle de l’œdème maculaire.

anatomie de l'oeilQu’est-ce que l’œdème maculaire ?

Il convient de faire quelques rappels anatomiques de l’œil (voir schéma 1).

La rétine, couche sensible à la lumière, est située à l’arrière de l’œil et nous permet de voir. Elle est composée de tissus très vascularisés. Après plusieurs années de la maladie, généralement 10 à 15 ans, et surtout si les taux de glycémie ne sont pas maîtrisés, les vaisseaux de la rétine se fragilisent. C’est ce que l’on appelle une complication microvasculaire, car elle touche de très petits vaisseaux dans le centre de la rétine. Dans cette région se trouve la macula (voir la tache sombre au milieu de la photo 1) ; elle représente environ 5 % de la surface totale de la rétine et son diamètre mesure approximativement 5 mm.

La macula joue un rôle important dans la vision. Le docteur Olivier mentionne que, lorsque l’œdème maculaire se produit, le tissu rétinien absorbe le liquide qui s'échappe des vaisseaux sanguins anormaux. Des dépôts lipidiques (gras) peuvent se former, particulièrement chez les patients dont le taux de cholestérol est élevé (voir taches jaunâtres sur la photo 2). Il en résulte une dégradation de la vision centrale qui se traduit par une incapacité à lire ou à reconnaître des visages (photo 3). L’œdème maculaire n’a aucun rapport avec le décollement de rétine1 par exemple.

rétine normaleQuels sont les facteurs de risque ?
Quelles personnes sont touchées ?

L’œdème maculaire ne concerne QUE les personnes diabétiques. L'œdème maculaire peut également être associé à d'autres maladies de l'œil, comme les thromboses veineuses de la rétine et la dégénérescence maculaire. Il touche environ 15 % d’entre elles. Plusieurs facteurs de risque sont responsables de la maladie. Le docteur Sébastien Olivier cite d’abord la durée du diabète : le plus souvent, l’œdème apparaît après quelque 10 ans. De plus, si le diabète est mal maîtrisé, le risque augmente proportionnellement. En effet, ce sont les changements de taux de glycémie qui finissent par détériorer les vaisseaux sanguins. Une pression artérielle élevée, le haut niveau de cholestérol et le tabagisme constituent d’autres éléments qu’il faut surveiller. Dans le type 2, environ une personne sur cinq, dont le diabète évolue depuis 20 ans, sera touchée par l’œdème maculaire.

 

Y a-t-il un moyen de prévenir l’œdème ?

 

oedème maculaireLe docteur Olivier conseille de bien surveiller et de maîtriser ses glycémies, parce que l’œdème maculaire est une maladie qu’il est tout à fait possible d’éviter. Elle ne donne aucun signe avant-coureur, ce qui veut dire que la personne ne peut pas s’en rendre compte par elle-même. Si la vision centrale est détériorée, cela signifie que la maladie a progressé puisque l’œdème s’est déjà formé et a commencé « à faire des dégâts ».

Le spécialiste préfère détecter ce genre de problème le plus tôt possible. En effet, il apparaît plus facile d’éviter l’évolution vers un œdème que d’essayer, un peu tard quelquefois, de le réduire. À cette fin, Dr Olivier recommande à toutes les personnes diabétiques de se soumettre à un examen annuel chez un ophtalmologiste ou un optométriste. Une consultation régulière permettra d’observer directement la rétine (fond d’œil) et de vérifier l’évolution de sa condition. Ce test est indolore et ne dure que quelques minutes.

Comment peut-on traiter l’œdème maculaire ?

atteinte modéréeActuellement, il existe trois choix de traitement : le laser, les injections et la chirurgie.

Le laser

Il s’agit du traitement le plus ancien, puisqu’il est utilisé depuis 30 ou 40 ans. Le médecin va se servir du laser « pour boucher les fuites anormales qui provoquent l’œdème ». Docteur Olivier affirme que cela permet de ralentir la progression de l’œdème ou même de le faire disparaître s’il est très petit et localisé. Le laser est appliqué sur une surface infime de la macula. La figure ci-dessous illustre le rap port entre la taille de la macula et l’application laser (la première ligne donne le diamètre de la macula = 5 mm et la seconde présente la surface traitée par le laser = 0,05 mm).

Le laser est efficace, mais « il ne fait pas de miracles », précise le docteur Olivier. On peut répéter les séances au laser, mais cela reste limité ! Ce type de traitement réduit les risques de détérioration d’environ 50 %. Cela signifie que la moitié des cas ne sont pas résolus. Il faut donc utiliser un autre moyen.

laser

Les injections de médicaments dits « antiangiogéniques »

(vient de angio = vaisseau et gène = formation)

Comme leur nom l’indique, ces injections pratiquées à l’intérieur de l’œil servent à diminuer la fuite anormale de sang et réparent les vaisseaux sanguins. C’est le même principe que le laser, mais cette technique s’avère bien supérieure. Le premier but est de stabiliser la vision. «Nous devenons meilleurs en clinique avec ce type de traitement », déclare le spécialiste. Ces médicaments ont prouvé leur efficacité pour stopper la maladie. Ils étaient déjà utilisés dans la dégénérescence maculaire2. Malgré les échecs quand l'œdème est présent depuis longtemps, il y a de plus en plus de patients qui « répondent » bien aux injections. La vision centrale, que l’on mesure par des tests d’acuité visuelle, s’améliore de façon significative. Les injections sont pratiquées à l’hôpital, en chirurgie ambulatoire. Elles ne sont ni douloureuses, ni compliquées, mais il faut faire plusieurs séances toutes les quatre à six semaines environ. En jugeant de l’effet produit à chaque fois, le médecin décidera de la suite du traitement. Les visites peuvent être plus espacées, il est possible de procéder aux injections dans un seul œil ou dans les deux yeux lors d’une même séance.

La chirurgie

Cette opération est pratiquée plus rarement. L'œdème peut être aggravé par la présence de cicatrices et le chirurgien les enlèvera par une vitrectomie (retrait de la partie interne — gélatineuse — de l'œil). La chirurgie est essentiellement utilisée chez certains patients qui ne répondent pas au traitement au laser ou par injections.

Les pistes de solutions

Actuellement, les projets de recherche en ophtalmologie portent sur les façons d'optimiser les traitements par injections de médicaments antiangiogéniques, par exemple, et ajustant leur fréquence d'administration, et en les combinant au laser ou à la chirurgie. D'autres produits que ceux actuellement disponibles sont également en développement.

Ce domaine de recherche est en constante évolution. Le laser constituait autrefois le seul traitement disponible. En quelques années, la recherche sur les médicaments a explosé, même si l’on ignore pourquoi certaines personnes sont plus « réceptives » que d’autres. Docteur Olivier conduit des études cliniques sur les médicaments antiangiogéniques et cherche la façon optimale de les administrer.

En attendant les nouveaux développements dans ce domaine, veiller à ses glycémies comme à la prunelle de ses yeux revêt ici tout son sens.

oedème

1. Décollement de la rétine : affection grave, due à la séparation des deux feuillets de la rétine avec interposition d’un liquide. Il est secondaire à une tumeur, une maladie vasculaire, une inflammation ou un trauma local (Source : Garnier Delamare) 
2. Dégénérescence maculaire = lésion dégénérative de la macula, chez le vieillard, souvent bilatérale et entraînant la perte de la vision centrale. Elle se présente sous forme de petites taches blanc-jaunâtre parfois pseudo-tumorales. (Source : Garnier Delamare)  

Capsules :


Dr Sébastien Olivier, ophtalmologiste, Hôpital Maisonneuve-Rosemont, nous parle de l'œdème maculaire, une complication à l'œil



Dr Sébastien Olivier, ophtalmologiste, Hôpital Maisonneuve-Rosemont, nous parle de l'importance du suivi de la rétinopathie diabétique et des autres atteintes à l'œil

Source : Plein Soleil – Automne 2011, Dalila Benhaberou-Brun, infirmière, M.Sc.

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