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Charles H. Best : 1899-1978

Charles H. BestCharles Herbert Best naît en 1899, à West Pembroke (État du Maine). Son père, un Canadien, pratique la médecine de part et d’autre de la frontière entre le Canada et les États-Unis. Ses ancêtres paternels s’étaient installés en Nouvelle-Écosse au début du XVIIIe siècle. La famille de sa mère était originaire de cette même province.

Inscrit à l’Université de Toronto, Charles Best interrompt brièvement ses études en 1918 pour faire son service militaire dans l’armée canadienne. Il obtient son baccalauréat avec concentration en physiologie et en biochimie en 1921. Cet été-là, le professeur J.J.R. MacLeod lui confie un poste d’assistant auprès du Dr Frederick G. Banting. Celui-ci tente alors d’extraire l’insuline du pancréas du chien.

La découverte de l’insuline

La collaboration, aujourd’hui légendaire, des Banting, Best et MacLeod, enfin J.B. Collip vient se joindre à l’équipe, permet d’arriver aux résultats voulus en un temps remarquablement court. Le Dr Banting présente un rapport préliminaire sur la découverte devant le Physiological Journal Club de Toronto, le 14 novembre 1921. Le premier article sur le sujet paraît dans le numéro de février 1922 du Journal of Laboratory and Clinical Medicine.

La découverte de l’insuline n’empêche pas Charles Best de poursuivre ses études à l’Université de Toronto. Il y obtient une maîtrise en physiologie en 1922, puis un doctorat en médecine en 1925. Il intègre ensuite l’équipe du laboratoire du professeur Henry Dale, à Londres, Angleterre, où il passe deux ans. Il obtient un doctorat ès sciences de l’université de la même ville, en 1927. À son retour de l’étranger, il se joint au corps professoral de l’université de sa ville natale. Là, il donne des cours d’hygiène physiologique avant d’assumer les responsabilités de professeur et de chef du département de physiologie.

À la mort du Dr Banting, en 1941, il prend la direction du département de recherches médicales Banting et Best, poste qu’il occupe jusqu’à sa retraite en 1964. Il demeure professeur émérite de la faculté jusqu’à sa mort en 1978.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, il est médecin-capitaine dans la Marine canadienne et assume la direction de l’unité de recherches médicales de la Marine. Il pose alors les jalons d’un projet consistant à préparer du sérum desséché à l’usage des militaires, pendant qu’il dirige bien d’autres projets ou collabore à leur réalisation. Il joue également un rôle actif dans la coordination de projets de recherches médicales liées aux opérations militaires. Ces projets sont financés par les gouvernements canadien et britannique.

Contributions de C.H. Best

La vaste contribution de Charles Best à l’avancement des sciences et de la médecine vise essentiellement trois grands domaines :

  • Le diabète et les effets de l’insuline sur divers aspects du métabolisme des glucides, des lipides et des protéines;
  • Le rôle de la choline dans les métabolismes normal et pathologique des graisses, plus particulièrement dans l’infiltration lipidique du foie;
  • La concertation des efforts de l’Association canadienne du diabète et de la Fédération internationale du diabète en vue d’aider les diabétiques et de soutenir les projets de recherche reliés d’une façon ou d’une autre au diabète;

La contribution de Charles Best à l’avancement des sciences et de la médecine fait l’objet d’une vaste reconnaissance. Si la collaboration des Best, Banting, MacLeod et J.B. Collip dans la découverte et l’extraction de l’insuline est aujourd’hui légendaire, on admet que Charles Best est le premier à observer en 1926, l’accroissement du taux d’absorption du glucose par les muscles et du métabolisme de ce glucose à la suite d’une injection d’insuline. Le Dr Best se signale aussi au chapitre de la concertation des efforts de l’Association canadienne du diabète et de la Fédération internationale du diabète.

Il collabore aussi à des recherches fructueuses sur l’héparine et son utilisation dans le traitement de la thrombose, dont la thrombose coronaire; à des études sur la physiologie de la performance athlétique, dans le cadre desquelles des coureurs canadiens, médaillés d’or aux Jeux olympiques de 1928, ont servi de sujets d’expérience; et à des recherches sur l’histamine, une substance capable de réduire la pression artérielle, et qui joue un rôle dans les réactions anaphylactiques et l’asthme.

Une grande partie de son travail sur l’insuline et le diabète est réalisée en collaboration avec ses associés et ses étudiants et porte sur l’accroissement du taux d’absorption du glucose par les muscles et du métabolisme de ce glucose à la suite d’une injection d’insuline (le Dr Best est le premier à faire cette observation en 1926).

Les travaux du Dr Best portent aussi sur :

  • les méthodes d’extraction de l’insuline du pancréas et la purification subséquente de l’hormone;
  • la quantité d’insuline emmagasinée dans le pancréas et l’influence du régime alimentaire sur cette accumulation;
  • l’interaction des hormones stéroïdiennes et de l’insuline sur le métabolisme des protéines;
  • le rôle physiologique du glucagon,
  • l’autre hormone sécrétée par les îlots pancréatiques;
  • la prévalence du diabète au Canada.

La choline

En 1932, le Dr Best et ses associés constatent une infiltration lipidique du foie dans le cas des chiens pancréatectomisés auxquels on injecte de l’insuline. Ils déterminent que l’ajout de pancréas cru, de jaunes d’œuf ou de lécithine au régime alimentaire de ces animaux peut enrayer la situation. Best et ses associés établissent que la choline est la substance active qui empêche cette infiltration lipidique. On qualifie ainsi la choline de facteur « lipotrope », c’est-à-dire qui a la propriété de prévenir une trop grande infiltration lipidique du foie, ce qui nuirait au bon fonctionnement de l’organe.

L’équipe observe également que, dans le cas de souris dont le métabolisme présente un déficit de choline, les lipides qui infiltrent le foie proviennent du tissu adipeux périphérique. On se sert du deutérium, un isotope non radioactif, pour réaliser ces études. Il semble que ce soit la première expérience biologique réalisée au Canada où l’on se sert d’un isotope (1938). Des recherches effectuées par la suite, dans de nombreux laboratoires à travers le monde, révèlent que la choline agit comme une molécule « donneur de méthyle ». Les donneurs de méthyle prennent part à un grand nombre de processus chimiques qui se produisent dans le corps humain, entre autres la formation des globules rouges.

Charles Best forme beaucoup de scientifiques qui viennent de partout dans le monde pour travailler dans ses laboratoires. Pour ces derniers, le milieu est une source de motivation et de stimulation au plan intellectuel. Nombre de ces personnes se sont alors déjà distinguées parmi le corps professoral des universités canadiennes et de l’étranger.

Les honneurs

Les contributions du Dr Best à la science font l’objet d’une vaste reconnaissance. Il est nommé Compagnon de l’Ordre du Canada, reçu Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, puis Compagnon d’honneur, deux distinctions britanniques. Il est nommé membre de la Royal Society, de la Société royale du Canada, du Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada et de l’Académie pontificale (Rome). Ce ne sont là que quelques exemples des nombreuses sociétés savantes auxquelles le Dr Best a été associé.

Cet article est tiré de la publication « Éloge de l’innovation en recherche médicale et pharmaceutique au Canada : de la pénicilline au 3TCMD » et reproduit avec la permission de La Fondation pour la recherche en santé de l’association Rx & D Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada.

Source : Plein Soleil – Été 2000, par Geza Hetenyi, M.D., Ph.D., F.R.C.P.C. Professeur émérite au département de physiologie de la faculté de médecine de l’Université d’Ottawa.

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