
Tout
parent d'enfant diabétique s'est demandé à
un certain moment ce qu'il pourrait faire pour lui assurer
un bon contrôle. L'étude du D.C.C.T. (Diabetes Control and Complication Trial) nous
a appris qu'un traitement intensif du diabète peut
prévenir l'apparition ou la progression des complications
vasculaires du diabète à leur début.
Mais ce traitement intensif ne peut se faire sans l'appui
des parents.
Parmi les facteurs favorisant l'implication personnelle de la personne diabétique dans son traitement, il y a les connaissances, la formation pratique et la motivation. Cette motivation a un lien direct avec nos croyances, notre acceptation affective ou émotionnelle du diabète, notre support social et notre adaptabilité au style de vie. La motivation de votre enfant est sûrement influencée par la vôtre, par les attentions que vous lui porterez et par la façon dont vous l'aiderez à traverser les épisodes douloureux reliés au traitement.
Il y a plusieurs bénéfices à introduire, dans votre famille, des techniques pour traverser des épisodes douloureux. Le premier est d'amener l'enfant à y faire face de façon positive. De plus, ces techniques vous aideront à diminuer votre anxiété, modifieront certains comportements et vous donneront un sentiment de contrôle dans ces situations stressantes pour vous et votre enfant.
Voici des petits trucs simples et pratiques à utiliser dans votre vie quotidienne avec votre enfant diabétique. Des techniques non « intrusives » sont présentées afin de diminuer la douleur et l'anxiété de votre enfant dans les traitements douloureux du diabète. Ces trucs et stratégies sont bien adaptées pour les enfants d'âge pré-scolaire et jeunes scolaires.
Pour mieux comprendre l'effet des techniques non médicamenteuses face à la douleur, il serait important que vous connaissiez la théorie du portillon. Ce système de portillon est le fait qu'une impulsion nerveuse en provenance du cerveau peut être influencée par les émotions et l'anxiété. Selon le cas, la barrière du portillon se ferme ou s'ouvre pour laisser passer l'influx de la douleur. Par exemple, se frotter la peau juste avant l'injection, serrer fort son animal favori ou le bras de papa (toute activité motrice qui ne nuit pas au traitement) pourra diminuer la douleur ressentie. Le portillon sera alors fermé et ne laissera pas passer la douleur.
Au début de leur diabète, plusieurs enfants croient qu'ils ont fait quel-que chose de mal pour nécessiter une telle punition. Il est donc important de faire verbaliser l'enfant à ce sujet: cela le rassurera! Sa collaboration au traitement n'en sera que meilleure Si votre enfant aime mieux regarder l'injection, des méthodes pour l'aider à garder le contrôle le sécuriseront (comme prendre de grandes respirations, compter, )
Par contre, si votre enfant préfère ne pas regarder, une technique comme la distraction peut être utilisée. Chaque enfant est différent, et il n'existe pas une seule bonne technique. Plusieurs stratégies peuvent être utilisées et le fait de les pratiquer, dans des circonstances similaires de la vie quotidienne (exemple: piqûre de guêpe), peut également faciliter leur intégration.
Même s'il existe des différences individuelles à déterminer l'expérience la plus douloureuse physiquement et émotivement, vous serez sans aucun doute d'accord avec moi que les piqûres (glycémie et injection de l'insuline) se retrouvent en tête de liste. Certaines stratégies pourront être utilisées pour la glycémie et d'autres pour l'injection d'insuline en autant que votre enfant a l'impression d'avoir un certain contrôle sur la situation et qu'il gagne confiance en lui-même.
Toutefois, si la glycémie n'est pas un épisode douloureux pour votre enfant la majorité du temps, il faudra diagnostiquer comme un moment de rébellion et de sentiment de perte de contrôle chez celui-ci s'il fait un excès de colère. Permettez-lui de choisir le doigt qui sera piqué ou dans quelle pièce de la maison ça se fera. Soyez vigilant!
Si votre enfant se montre rebelle lors des repas et des collations, il a peut-être l'impression de perdre le contrôle lors des injections sans pour cela vous le dire clairement. Cette forme de déni peut lui être nuisible à long terme, puisque sa participation dans les soins de son diabète permet à l'enfant de vivre plus harmonieusement sa maladie.
Même nous, en tant qu'adulte, n'avons pas tous les jours la même tolérance aux événements douloureux. Il en va de même pour votre enfant. Ces jours venus, il ne faudra pas oublier d'utiliser les stratégies pratiquées
Incorporer cette stratégie dans les soins à votre enfant diabétique peut certainement avoir certains impacts positifs. Toutefois, donner du renforcement positif pendant ou juste après les épisodes douloureux ne signifie pas, « soudoyer ». Il ne s'agit donc pas de promettre à l'enfant quelque chose s'il agit bien, mais plutôt de le récompenser ou de l'encourager après un épisode où il a été brave.
Une autre forme d'encouragement est de lui créer un tableau de motivation. Sur ce tableau, on y trouvera: le nom de l'enfant, les jours de la semaine, les tâches à accomplir en fonction des soins à son diabète, les points obtenus, À la fin de la semaine, l'enfant aura une récompense selon le résultat obtenu.
Le tableau vous aidera à combiner les grands concepts de motivation et de renforcement positif.
Pour être efficace, le renforcement positif doit rencontrer
certains critères :
N'oubliez pas de donner des points bonis pour la bonne volonté !!
En encourageant l'enfant dans les comportements favorables à son diabète, on peut diminuer de beaucoup les conflits et les épisodes de manipulation de la part de votre enfant. Après quelques temps, le comportement désiré sera exécuté par l'enfant sans renforcement nécessaire.
La méthode du gant magique est une méthode qui peut être utilisée pour soulager la douleur de la glycémie par exemple. Vous prétendez placer un gant invisible sur la main de l'enfant. Vous dites à l'enfant que le gant a des pouvoirs magiques d'engourdir la main et aide à diminuer la douleur au bout du doigt. Pendant que vous parlez à l'enfant et que le gant est en place, vous lui massez légèrement la main. Ceci aura pour effet de relaxer cette main et des sensations différentes de l'autre seront ressenties. Essayez de sensibiliser l'enfant à tous ses sens; comme de visualiser la couleur du gant et son effet sur les doigts*.
* Traduction de Pain Management for Children with Insulin-Dependent Diabetes. The Diabetes Educator, Vol. 19, No 6.
Le jeune enfant a souvent tendance à se faire un monde imaginaire autour de lui. C'est pourquoi toutes distractions où l'utilisation d'images est particulièrement efficace. Il semble que le cerveau a deux fois plus de place pour mettre des images que des mots. On augmente donc l'apprentissage par le toucher, les images, Des méthodes, comme de parler à leur poupée ou à leur animal préféré, de raconter des histoires, de souffler des bulles, de regarder dans un kaléidoscope, caresser et bercer l'enfant en vaut le temps qu'on y investit.
Rien ne sert de bousculer l'enfant. Mais si la manipulation est présente dans la relation parents-enfant (autrement dit "s'il vous fait marcher"), l'encadrement sera nécessaire. Par exemple, si l'enfant vous dit qu'il est prêt et qu'il ne cesse de changer d'idée à chaque fois que vous allez le piquer, il serait peut-être avantageux d'utiliser une technique de distraction. La charge émotive vécue lors du traitement étant parfois plus grande que la douleur ressentie, l'enfant peut essayer de vous contrôler pour ne pas, lui-même perdre le contrôle. Mais l'enfant, de par son développement, ne peut rationaliser de la sorte. Vous devez vous montrer confiant face au succès attendu par l'enfant.
Même si votre enfant de trois ans vous dit qu'il ne fait que prétendre et que le gant n'existe pas vraiment, il aimera utiliser cette stratégie pour ses bénéfices. Ce qui est important avant tout, c'est que l'épisode douloureux pour l'enfant, se passe dans un environnement calme et que votre enfant puisse relaxer avant celle-ci. Elle ne fera pas disparaître la douleur complètement mais la rendra plus tolérable. Même si une technique ne fonctionne pas la première fois, ne vous découragez pas, ce sera pour la prochaine fois.
Laissez aller votre imagination et celle de votre enfant.
Source : Plein Soleil - Hiver 1995, Johanne Roy, inf., B.Sc.N., M.Sc. Révisé en mars 2001. Révisé en février 2004.