
On apprenait par les journaux, l'an dernier, qu'une équipe de chercheurs de l'Université d'Alberta, sous la direction du Dr James Shapiro, avait réussi à transplanter des îlots de Langerhans chez huit personnes atteintes de diabète de type 1 et que toutes ces personnes, depuis lors, n'étaient plus obligées de s'injecter de l'insuline. On croyait enfin à la guérison du diabète.
Malheureusement, il est encore beaucoup trop tôt pour savoir si oui ou non, cette technique peut devenir la meilleure solution au diabète, ou s'il faudra encore attendre d'autres développements avant d'avoir l'heure juste.
Que sont les îlots?
Ce sont des petites masses de moins d'un demi-millimètre de diamètre qui contiennent surtout des cellules productrices d'insuline, soit près de mille par îlot. Le pancréas en contient un million. Lorsque la plupart des cellules sont détruites, une personne devient diabétique de type 1.
Depuis les années 70, on transplante des pancréas entiers ou des parties à partir de donneurs cadavériques. L'opération est majeure, car il faut ouvrir la personne et relier le nouveau pancréas à la circulation sanguine. Après l'opération, on doit donner des médicaments anti-rejet, ou immunosuppresseurs, pour que l'organe ne soit pas détruit par le receveur.
La transplantation d'îlots a l'avantage de ne pas nécessiter d'opération majeure. Les cellules sont simplement injectées au moyen d'une seringue et d'un long cathéter directement dans la veine du foie et les cellules se logent dans celui-ci et y demeurent. Si la transplantation est réussie, la personne n'a plus à prendre de l'insuline. Les cellules fonctionnent comme elles le feraient dans un pancréas sain, elles produisent l'insuline sur demande selon les besoins de l'organisme.
Cependant comme il s'agit encore de cellules étrangères, les médicaments anti-rejet doivent absolument être pris. Jusqu'à cette année, plus de 400 transplantations d'îlots ont été faites dans le monde. Malheureusement seulement 8% des receveurs n'avaient toujours pas à prendre de l'insuline après un an. Dans beaucoup de cas, la transplantation ne réussissait tout simplement pas.
Ce que l'équipe de l'Université d'Alberta a fait, c'est d'utiliser des médicaments immunosuppresseurs différents, des médicaments qui semblent moins agressifs pour les cellules transplantées. Jusqu'à ce jour, tous les patients ayant reçu cette greffe expérimentale ne souffrent plus du diabète. Au moment d'écrire ces lignes, les gens ne prennent plus d'insuline depuis entre 6 mois et 15 mois. Même si les résultats sont meilleurs, il est encore trop tôt pour savoir si la greffe peut être permanente ou si un beau jour les cellules vont arrêter de fonctionner. Il ne faut pas oublier que le record actuel est de 41 mois avec l'ancienne technique.
L'expérience de l'équipe d'Edmonton a attiré l'attention des grands centres hospitaliers du monde entier. Plusieurs d'entre eux vont vouloir répéter ce protocole pour confirmer la réussite de cette approche. Un réseau est actuellement en formation.
Il demeure cependant que les immunosuppresseurs sont des médicaments puissants qui ont pour effet secondaire de rendre les gens plus vulnérables aux infections. On constate aussi fréquemment que les gens se sentent plus fatigués, qu'ils ont moins d'énergie.
Les candidats choisis par l'équipe doivent être des adultes de type 1, ayant de la difficulté à contrôler leur glycémie, malgré tous leurs efforts. Les gens qui seraient intéressés à participer au projet peuvent envoyer leur candidature par courrier électronique. Il existe aussi un site Internet dans lequel on peut obtenir plus d'information, mais en anglais seulement.
Candidats canadiens : isletprogram@med.ualberta.ca
Candidats de l'extérieur du Canada : islet-info@immunotolerance.org
Site Internet : www.med.ualberta.ca/islet
Source : Plein Soleil - Été 2000. Marc Aras, directeur des communications de Diabète Québec.