
La recherche sur la prévention du diabète de type 1 peut s’apparenter à la recherche du Saint-Graal. Bien des gens ont cherché, mais les découvertes demeurent souvent décourageantes. On a fait des tentatives en donnant aux enfants à risque une vitamine, la nicotinamide, malheureusement sans succès. On a essayé en leur injectant de minuscules doses d’insuline, encore là, en vain.
Mais des développements récents nous donnent cependant espoir.
Comme il n’existe aucun vaccin qu’on pourrait donner à l’ensemble des enfants comme on le fait pour le vaccin de la polio, il s’agit de trouver les enfants qui sont à risque de devenir diabétiques. On sait que l’hérédité compte pour une bonne part dans l’apparition du diabète. On cherche donc à enrôler des enfants dont l’un des proches (père, mère, frère ou sœur) est atteint d’un diabète de type 1. Si l’on veut appliquer un traitement, il faut attendre plusieurs années avant de pouvoir vraiment constater si le produit ou le médicament a fait effet. Il faut donc énormément de patience pour espérer atteindre le but. C’est d’ailleurs l’un des principaux obstacles dans le recrutement des sujets.
On s’aperçoit que l’apparition d’anticorps à l’insuline (IAA) constitue souvent le premier signe du diabète chez les enfants. Cependant, des chercheurs de l’Institut de recherche sur le diabète en Allemagne, sous la direction de Ezio Bonifacio, ont démontré en 2004 que ces enfants doivent être aussi porteurs d’un gène produisant un autre anticorps spécifique qui s’attaque aux îlots pour que le risque augmente de façon substantielle.
Sachant qu’il faut empêcher les anticorps de détruire les cellules productrices d’insuline, des efforts importants ont été déployés depuis juin 2005 par le National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases américain dans TrialNet, un réseau de 18 centres à l’échelle internationale, dont le but est de trouver le moyen de prévenir le diabète de type 1.
Certains centres ont choisi les changements dans les habitudes alimentaires en donnant par exemple des suppléments vitaminiques ou autres. D’autres vérifient la voie de l’activité physique, chose qu’on recommande normalement aux personnes à risque de diabète de type 2. D’autres centres utilisent des médicaments contre l’arthrite rhumatoïde, car on sait que cette maladie est aussi, en partie, une réponse auto-immunitaire à l’environnement. Selon ces chercheurs, cette parenté avec le diabète devrait être exploitée.
D’autres veulent même aller plus loin en utilisant des médicaments antirejet comme pour la transplantation d’organe. Cette voie comporte certains risques. Alors qu’ils sont absolument nécessaires chez une personne qui a subi une transplantation, on sait que ces médicaments ont des effets secondaires souvent difficiles à supporter, tels que la fatigue, la susceptibilité aux infections ou le cancer. Donner de tels médicaments à des jeunes qui sont en santé pose des problèmes d’éthique importants.
Seule l’amélioration des médicaments antirejet plus spécifiques et moins dommageables pourront vraiment donner à cette voie une chance de réussir. C’est pour cette raison que seuls les enfants qui sont au premier stade de développer le diabète feront partie de cette cohorte de recherche et non pas ceux qui ne présentent que des risques.
Parmi les autres médicaments qui semblent démontrer un certain intérêt, il y a la Diamyd. On parlait alors d’un vaccin préventif. En attendant d’obtenir vraiment des réponses sur ce front, on en a fait l’essai sur des adultes présentant un diabète de type 1 tardif. Donné au début de l’apparition, on a constaté que les personnes qui prenaient ce produit voyaient le taux de production d’insuline augmenter au lieu de diminuer comme chez les sujets qui n’en prenaient pas. Depuis 2009, des essais avec ce vaccin ont débuté auprès d'enfants.
Source : Plein Soleil - Automne 2004. Marc Aras, directeur des communications de Diabète Québec. Mise à jour : mai 2009.