
Une équipe de chercheurs de l'Université d'Alberta, sous la direction du Dr James Shapiro, avait réussi en 2000 à transplanter des îlots de Langerhans chez huit personnes atteintes de diabète de type 1. Toutes ces personnes, depuis lors, n'étaient plus obligées de s'injecter de l'insuline. Depuis lors, on s'est aperçu que les îlots ne survivaient au mieux que de deux à trois ans, faisant en sorte qu'il faut répéter la transplantation si l'on veut continuer à s'auto-suffire en insuline.
Même si la technique semble tenir ses promesses, il demeure que le principal problème réside dans le fait qu'il faut utiliser l'équivalent de deux pancréas de donneurs pour obtenir suffisamment d'îlots pour éliminer complètement les injections d'insuline. Avec le manque de donneurs, il n'est donc pas possible de pouvoir répondre à la demande potentielle.
Au Québec seulement, on compte quelque 45 000 personnes de type 1. On pense actuellement à utiliser des îlots venant d'animaux domestiques. Le porc est le candidat idéal. Mais pour empêcher le rejet, les chercheurs estiment qu'il faut modifier génétiquement ces animaux pour améliorer la compatibilité. Nous sommes encore loin de la réussite.
La seconde méthode consiste à prendre des cellules humaines et de les obliger à se multiplier. Nous savons qu'une équipe américaine avait réussi à créer des cellules productrices d'insuline chez la souris.
À l’été 2000, une équipe du Joslin Diabetes Center à l'école de médecine de Harvard, sous la direction du Dr Susan Bonner-Weir, annonçait la réussite de la culture de cellules humaines du pancréas.
Là encore, il s'agissait, au départ, de cellules souches qui se transformaient en cellules productrices d'insuline. Elles formaient naturellement des îlots après trois à quatre semaines d'incubation, des îlots comme on en retrouve naturellement dans le pancréas. Le Dr Bonner-Weir ne peut pas s'avancer encore sur le temps qu’il faudra pour que cette technique, encore expérimentale, puisse vraiment être utilisée pour la transplantation. Cependant, les espoirs sont grands.
Source : Plein Soleil - Été 2000. Marc Aras, directeur des communications de Diabète Québec. Mise à jour : mai 2009.