
Une recherche faite par une équipe de l’université d’Alberta tend à démontrer que la dépression peut mener au diabète chez les jeunes adultes atteints de dépression.
Dans le passé, les recherches se sont penchées sur le lien entre le diabète et la dépression. Certains disaient que la dépression pouvait mener au diabète, alors que d’autres considéraient la dépression comme une conséquence possible du diagnostic du diabète. C’est le fameux débat de l’œuf et de la poule qui se répète dans le déclenchement du diabète. Les chercheurs tentent donc de savoir si l’on peut théoriquement prévenir le diabète en aidant les personnes atteintes de dépression.
L’équipe sous la direction de Laureen Brown a fait une recherche à partir des fichiers d’information médicale du ministère de la Santé de la Saskatchewan. Elle a identifié les personnes diabétiques de 20 ans et plus en se servant du diagnostic et des registres de prescription d’agents anti-diabétiques. Elle a fait une comparaison entre ces personnes et un groupe témoin n’ayant pas de diagnostic de diabète.
Les personnes récemment diagnostiquées diabétiques avaient 30 % plus de dépression avant le diagnostic que les personnes du groupe témoin. L’apparition de la dépression pouvait débuter jusqu’à trois ans avant le diagnostic de diabète. L’équipe croit donc que la dépression peut mener au diabète.
Mais qu’est-ce qui, au juste, pourrait déclencher le diabète ? La recherche ne permet pas de le savoir. Une dépression peut mener les gens à changer leur comportement face à l’alimentation et l’activité physique, entre autres. Déprimé, on peut se mettre à manger excessivement ou ne plus vouloir bouger. On peut aussi prendre certains médicaments antidépresseurs qui jouent un rôle dans l’apparition du diabète.
Cette recherche démontre au moins qu’il est important d’aider les personnes déprimées à s’en sortir afin de leur éviter une maladie chronique, y compris le diabète.
Source : Plein Soleil - Automne 2005. Marc Aras, directeur des communications de Diabète Québec.