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Serge Langlois

Stressé dites-vous?

Serge Langlois
Président-Directeur général, Diabète Québec

Pas facile d’être diabétique dans un monde fou comme le nôtre. Tout le monde court sans arrêt, on est trop souvent à bout de souffle et à court d’énergie, le stress s’acharne sur nous et vient provoquer au quotidien nos glycémies qui alors jouent aux montagnes russes. Pas évident de parler de contrôle dans un monde qui semble justement l'avoir perdu.

Les parents d’enfants d’âge scolaire qui pratiquent des activités sportives, entre autres exemples, doivent souvent se trouver à la même heure dans deux lieux éloignés l’un de l’autre et se demandent bien comment y arriver. Ils courent et le stress les envahit à leur tour. Évidemment, il ne faut pas exclure les barrages routiers qui ajoutent une petite dose de pression. Pas facile de trouver le moyen de partir du travail, souper à la sauvette, emmener les enfants à leurs activités diverses, les encourager avec vigueur, jouer à l’autobus en raccompagnant à la maison d’autres enfants, sans exclure les devoirs, la toilette et les autres aléas de la vie familiale. Ouf… on serait essoufflé à moins. De quoi rendre folles nos glycémies !Stressé dites-vous?

Le stress est un compagnon indissociable de notre vie moderne. On n’a pas toujours le choix. Mais il cause souvent des soucis aux personnes qui vivent avec le diabète sans que ces dernières ne s’en doutent. À titre d’exemple, on peut se préoccuper de la quantité d’aliments ingérés et de leur teneur en sucre ou en amidon pour tenter de comprendre les hauts et les bas de nos glycémies. Mais on oublie souvent que le stress peut avoir un impact important. Combien de fois ai-je entendu des gens pester contre la vie parce que les chiffres affichés sur leur lecteur étaient élevés bien qu’ils aient mangé peu de glucides... Et le stress ? Y avez-vous pensé ?

L’autre jour, Anny, membre de notre équipe et maman à temps plein, nous parlait de ce genre de situations et de son impact sur la forme physique et mentale des parents. C’est alors que je l’entendis nous dire : je suis la seule qui ne fait pas de sport, mais je suis pourtant celle qui court le plus ! L’image est frappante. Avez-vous comme moi l’impression que Lafontaine aurait pu écrire sa célèbre fable du lièvre et de la tortue au 21e siècle ? Rien ne sert de courir, il faut partir à point… Ce cher Lafontaine se ferait klaxonner et injurier de belle manière s’il roulait, tel la tortue, en respectant la vitesse permise sur nos routes. Et que dire s’il avait eu une remorque, une roulotte ou un motorisé pour faire comme la tortue qui termine cette fable en disant : De quoi vous sert votre vitesse ? Moi l’emporter ? Et que serait-ce si vous portiez une maison? Ai-je besoin d’écrire ce que sa malheureuse idée lui occasionnerait ? Les gens sont si gentils… et polis… et compréhensifs… ET STRESSÉS ! ! !

On conseille aux personnes atteintes de diabète de faire de l’exercice et d’avoir une vie saine et équilibrée. Facile à dire, mais moins facile à réaliser. J’aimerais proposer une nouvelle forme d’exercice qui favorise un meilleur équilibre mental et physique tout en nous relaxant et en laissant échapper un peu de stress : apprendre à faire une brève pause quelques fois par jour pour prendre de grandes et profondes respirations pour se calmer, ralentir le rythme absorber une bonne dose d’oxygène et laisser s’échapper plein de gaz carbonique. Essayez tout de suite pour voir.

Alors, comment vous sentez-vous ? Mieux ? Plus calme ? Formidable ! Maintenant, tous ceux et celles qui ont essayé cet exercice, chantez avec moi la chanson de Plamondon : le monde est fou.

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