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Demain aujourd'hui

par Marc Aras, directeur des communications, Diabète Québec

Les personnes âgées diabétiques plus à risque

Les personnes âgées diabétiques plus à risque

Une étude faite en Grande- Bretagne démontre que les personnes diabétiques âgées sont plus à risque de handicaps physiques que les personnes qui n'ont pas le diabète.

Le Dr Alan Sinclair de l'Université de Bedfordshire a étudié quelque 800 personnes de 65 ans et plus. Afin de vérifier les difficultés reliées à la marche et reliées à des activités quotidiennes ordinaires (se laver, monter les marches, s'habiller, etc.). 46 % des personnes diabétiques avaient besoin d'une canne ou d'une marchette, alors que seulement 31 % des personnes non diabétiques devaient en utiliser.

Près de 4 % des diabétiques nécessitaient absolument l'aide d'une autre personne dans leurs activités contre seulement 1 % de l'autre groupe.

D'après les chercheurs, une partie du problème est relié au fait que les personnes diabétiques sont à haut risque de neuropathie ou de mauvaise circulation dans les membres inférieurs. Mais on a constaté d'autres complications reliées comme l'hypertension, une histoire d'attaque cardiaque ou d'un AVC.

D'après l'équipe du Dr Sinclair, il devient de plus en plus évident que le contrôle des glycémies est insuffisant pour faire face à ce genre de handicap. L'activité physique a démontré dans plusieurs études une amélioration de la santé des personnes âgées, tout particulièrement si elles sont diabétiques.

Une glycémie sans aïe !

Une glycémie sans aïe !

Qui ne rêve pas de faire une glycémie sans devoir se piquer le bout du doigt. Si on en croit une équipe de recherche de l'Université Baylor au Texas dirigée par l'ingénieur Randall Jean le jour n'est pas loin où ce ne sera qu'une histoire du passé.

Bien entendu, il faut toujours rester prudent, combien de gens ont déjà tenté la chose sans grand succès en fin de compte. Le Glucowatch en est l'exemple le plus frappant. Acclamé au début, il a presque complètement disparu à cause de l'imprécision des résultats.

Mais voyons de plus près quelle est l'approche de l'équipe de Baylor. Il s'agit d'un appareil qui émet des micro-ondes au moyen d'une petite antenne d'un capteur qui s'ajuste au pouce de la personne dont on veut connaître la glycémie. Les microondes qui sont réfléchies donnent de l'information sur un grand nombre de choses : la peau, l'eau, les graisses, etc. Il s'agit de pouvoir rechercher que ce qui correspond au glucose.

C'est ce que l'équipe dit avoir réussi. Cinq volontaires ont participé à cette recherche. Ils devaient faire des glycémies au moyen d'un lecteur conventionnel. D'après les chercheurs les résultats étaient très proches l'un de l'autre. Cependant, tous les participants n'étaient pas diabétiques. Leurs glycémies se trouvaient donc dans la zone normale. Il reste à voir si les résultats sont aussi bons avec des variations importantes dans les glycémies et qu'ils sont reproductibles.

Nous sommes encore loin d'une commercialisation possible. En plus de vérifier l'exactitude des résultats sur un plus grand nombre de personnes, l'appareil d'analyse est encore trop gros pour pouvoir être facilement transportable comme le sont les lecteurs de glycémie. Il faudra faire un énorme travail de miniaturisation de l'appareil.

Le capteur dans lequel on peut placer le pouce pour faire la glycémie par microondes (crédit Université Baylor).

La rétinopathie, plus précoce qu'on ne le croyait

La rétinopathie, plus précoce

Alors que l'Organisation mondiale de la santé et l'Association américaine du diabète avaient comme critère de base pour diagnostiquer le diabète la valeur de 7 mmol/L à jeun, basé, entre autres, sur l'apparition de la rétinopathie, les recherches récentes tentent à montrer que la rétinopathie peut même apparaître plus tôt. Un bon nombre se situent en bas de 7.

Une étude faite en Australie par le Dr Tien Y. Wong de l'Université de Melbourne a trouvé 60 % des rétinopathies chez des gens qui avaient moins de 7 mmol/L. Bien que la fréquence était plus grande dans la zone dite de prédiabète, entre 6,1 et 7 mmol/L, il y avait tout de même un 10 % chez les gens qui avaient une glycémie dite normale, soit en bas de 5,6 mmol/L.

Il devient ainsi plus difficile de déterminer vraiment quelles seront les personnes à risque de développer une rétinopathie. Sans vouloir réviser la suggestion de faire le suivi chez les personnes diabétiques aux deux ans ou moins, il demeure qu'il faudra être vigilant avant et essayer au moins de cibler de façon plus serrée les personnes à risque de faire du diabète.

Les milliards volent aux États-Unis

Les milliards volent aux États-Unis

L'Association américaine du diabète (ADA) estime qu'il s'est dépensé plus de 174 milliards de dollars en frais de santé aux États-Unis en 2007 chez les personnes diabétiques. C'est une augmentation du tiers depuis cinq ans.

De cette somme, 116 milliards ont été dépensés en soins médicaux, avec la plus grande part des coûts en hospitalisations suite à des complications majeures du diabète. Pour chaque cinq dollars dépensés dans le réseau de la santé, un dollar va au diabète.

Selon Ann L. Albright, présidente de la section Soins de santé et Éducation de l'ADA, « Ces résultats réaffirment que le diabète est une véritable crise de santé publique. Cela démontre l'importance d'un diagnostic précoce et d'un traitement optimal. Le diabète coûte beaucoup plus cher quand il n'est pas convenablement traité ».

On estime aussi à 58 milliards de $ les coûts indirects qui comprennent une baisse de la productivité, les pertes d'emplois dus aux complications majeures, l'augmentation de l'absentéisme et les décès prématurés.

Comme un grand nombre de personnes vivent avec le diabète sans le savoir, les coûts sont sans doute plus élevés.

À l'Institut de cardiologie de Mont réal, 10 % des personnes ne savaient pas qu'elles étaient diabétiques à la suite de leur admission.

Avec l'augmentation des cas de diabète au Canada, nous devons ne pas être loin proportionnellement que nos voisins du Sud.

Les enfants aussi

Les enfants aussi

Depuis les 20 dernières années, le diabète de type 1 a plus que doublé dans la plupart des pays d'Europe. Dans certains pays comme la Finlande, c'est même encore plus élevé. Et phénomène encore plus inquiétant est l'apparition du diabète à un âge de plus en plus jeune. Le diabète chez les bébés est en forte augmentation, selon Claire Lévy-Marchal, pédiatre et directrice de la recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale français.

On ne sait pas exactement pourquoi on assiste à une telle augmentation. Est-ce des facteurs environnementaux ? Est-ce des virus qui se promènent en plus grande quantité. Est-ce à cause des changements dans nos habitudes de vie ? Toutes ces pistes sont à explorer.

Parallèlement, on assiste à une recrudescence de diabète de type 2 chez les jeunes. En France, c'est un enfant sur 20 qui est atteint de ce type. En Californie et au Mexique, c'est un enfant sur 5.

On soupçonne que l'on assiste au même phénomène au Québec, si l'on en croit les hôpitaux pédiatriques. Malheureusement, l'Institut national de Santé publique du Québec qui est responsable de la banque de données sur le diabète est toujours incapable de nous donner des chiffres, malgré une promesse qui remonte à quatre ans.

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