
Une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de Nice, en collaboration avec une équipe allemande, est parvenue à transformer certaines cellules du pancréas en cellules bêta productrices d’insuline. C’est en activant un seul gène chez des souris que l’équipe, sous la direction de Patrick Collombat, est arrivée à ce résultat. Les résultats sont parus dans la revue Cell.
Quand on parle des îlots de Langerhans dans le pancréas, on parle de groupes de cellules qui ont plusieurs fonctions. On y trouve les cellules bêta qui sont les seules à pouvoir produire de l’insuline aidant à emmagasiner le glucose dans les cellules. Mais on y trouve aussi des cellules alpha qui produisent du glucagon, une hormone qui libère, entre autres, le glucose stocké dans le foie et qui contrebalance l’effet de l’insuline.
Par manipulation génétique, l’équipe avait obtenu par des souris qui possédaient un gène actif, appelé Pax4, qui forçait les cellules alpha à se transformer en cellules bêta. On avait préalablement provoqué le diabète chez ces animaux. Petit à petit, les souris ont été guéries de leur diabète grâce à la production de nouvelles cellules bêta.
Il y a cependant un mauvais côté à cet exploit. Le processus ne s’arrête généralement pas de lui-même et les cellules continuent à produire des cellules bêta même si leur nombre est suffisant. Une trop grande production d’insuline peut causer des hypoglycémies. Les chercheurs doivent donc trouver le mécanisme qui permet d’autoréguler la production de cellules productrices d’insuline.
Même si les chercheurs considèrent que le modèle biologique du pancréas de la souris ressemble à celui de l’humain, il faudra chercher si le même mécanisme est applicable à l’humain. Comment faire en sorte que le fameux gène Pax4 s’exprime et comment le réguler ? Dans un premier temps, les chercheurs utiliseront des cultures d’îlots humains pour chercher à comprendre comment métamorphoser des cellules alpha en cellules bêta.
On sait depuis très longtemps que le diabète de type 1 est déclenché par un ou des éléments qui existent dans l’environnement. Pour preuve, des jumeaux identiques ont le même bagage génétique et ne développeront pas nécessairement tous les deux le diabète même si l’un en est atteint. On estime les risques à environ 50 %.
On a tenté de trouver les déclencheurs. On s’est arrêté aux virus, à la pollution, etc. Pendant un certain temps, on croyait que le virus impliqué dans la grippe pouvait être le responsable, sans jamais arriver à le prouver.
Une équipe anglaise, sous la direction du Dr S. J. Richardson du Peninsula Medical School, aurait trouvé un coupable : l’entérovirus Coxsackie. C’est un virus qui s’attaque au système digestif; il peut causer de la fièvre, des convulsions et toute une panoplie de problèmes de santé. On n’a aucun vaccin contre ce virus. Dans la plupart des cas, il a des effets anodins.
Dans un article paru dans la revue Diabetologia, l’équipe du Dr Richardson écrit avoir fait des des biopsies (prélèvements) sur des pancréas de jeunes personnes décédées. Certaines étaient diabétiques, d’autres non. On a trouvé la présence de ce virus chez 61 % des enfants diabétiques, mais seulement chez 8 % de ceux qui ne l’étaient pas. Cette différence pourrait expliquer, au moins en partie, le déclenchement du diabète. Pour être plus exact, on retrouvait une protéine qui constitue une partie de l’enveloppe du virus en question, le VP1.
En cherchant dans les îlots de Langerhans la présence de cette protéine, on l’a retrouvée dans les îlots qui étaient encore fonctionnels, alors qu’il avait pratiquement disparu dans les îlots qui ne l’étaient pas. Un peu comme si le virus disparaissait une fois son action faite sur les cellules.
L’étude a cependant plusieurs failles. On avait divisé les groupes en deux : ceux qui étaient diabétiques et ceux qui ne l’étaient pas. On n’a aucune idée de ce qui se produit pendant que le diabète se développe. Le nombre de pancréas était faible, soit 72 pancréas de jeunes diabétiques.
Le virus Coxsakie pourrait jouer aussi un rôle dans l’apparition du diabète de type 2, car l’équipe en a retrouvé aussi chez les adultes atteints de ce type de diabète. Selon le Dr Richardson, il est donc nécessaire de poursuivre cette recherche pour confirmer le rôle de ce virus et, en parallèle, de développer un vaccin.
Les problèmes d’obésité sont grandissants dans le monde; au Québec quelque 200 000 personnes souffriraient d’obésité sévère. Le tiers d’entre elles serait atteint d’un diabète de type 2. Le gouvernement a débloqué des budgets pour accroître le nombre de chirurgies bariatriques dans le but de permettre à plus de gens de retrouver un poids santé, alors que les autres méthodes ont échoué.
On constate que près de 70 % des personnes diabétiques n’ont plus besoin de médicaments et d’insuline après la chirurgie, ce qui constitue une nette amélioration de leur santé. Ce type de chirurgie, bien qu’il donne d’excellents résultats, demeure un acte médical très agressif qui entraîne un nombre assez important de complications.
La compagnie GI Dynamics, basée à Lexington au Massachussetts, a mis au point un tube flexible en plastique qui pourrait remplacer la chirurgie, et représenter beaucoup moins de danger.
La chirurgie bariatrique consiste le plus souvent en un raccourcissement du petit intestin afin d’y limiter l’absorption des nutriments. GI Dynamics propose une approche novatrice avec un long tube flexible en plastique, l’EndoBarrier, qui est introduit par endoscopie, donc par la bouche, et est simplement fixé au moyen d’un ressort dans le duodénum à la sortie de l’estomac pour se prolonger sur une soixantaine de centimètres au début du petit intestin. Il est facile à placer et peut être enlevé s’il n’est plus nécessaire.
Une première recherche faite auprès de 37 patients démontre la nette supériorité de cette approche sur un régime de perte de poids. Vingt-six patients portaient ce tube et 11 autres servaient de contrôle; les deux groupes suivaient un régime alimentaire de perte de poids. Après 12 semaines, ceux qui avaient l’EndoBarrier avaient perdu 19 % de leur excès de poids, alors que le groupe témoin n’en avait perdu que 7 %. En termes d’indice de masse corporelle, il s’agissait d’une perte de 5,5 % contre 1,9 % dans le groupe témoin. Les résultats sont parus dans la revue Annals of Surgery.
Cette approche beaucoup moins invasive a attiré l’intérêt d’un grand nombre de centres de perte de poids et de chirurgie bariatrique. Les recherches se poursuivent avec l’espoir de fournir une approche non chirurgicale à un problème criant. En termes de coûts, il pourrait également s’agir d’une économie appréciable.