
Le porc a été mis à contribution rapidement après la découverte de l’insuline par Frederick Banting. Les pancréas de porc étaient envoyés des abattoirs pour extraire la précieuse insuline afin de sauver les personnes atteintes de diabète. Le pancréas de bœuf a suivi de près.
Aujourd’hui, une compagnie de la Nouvelle-Zélande LCT (Living Cell Technologies) est en phase de recherche sur les humains avec des îlots micro-encapsulés. Au lieu d’utiliser les îlots d’humains qui sont une denrée rare à cause du manque de donneurs, LCT utilise des cellules de porc micro-encapsulés. LCT a donné un nom à ses capsules : DIABCELLMC.
En fait dans un premier temps, la compagnie s’est assurée d’avoir une lignée de porcs qui étaient exempts de virus dangereux pour l’humain. Les chercheurs obtiennent les pancréas de cette lignée et les îlots sont ensuite isolés pour être microencapsulés dans une substance à base d'un acide aminé : l’arginine. Par cette méthode, la membrane ne laisse passer que les nutriments pour la survie des îlots et laisse échapper l’insuline selon les besoins de l’organisme. Les anticorps ne peuvent pas attaquer les cellules et donc il n’est pas nécessaire d’utiliser des médicaments antirejet comme cela doit se faire lors de transplantations d’îlots sans membrane comme celles du protocole d’Edmonton.
En phase 1, la phase qui ne veut que démontrer que le concept peut être utile, les expériences ont été faites sur quelques sujets humains en Russie. Comme le concept donnait des preuves de viabilité, la phase 2A, a été faite sur huit personnes diabétiques. Elle s’est poursuivie auprès de cinq personnes diabétiques en Nouvelle- Zélande avec un diabète très difficile à contrôler. On a constaté que les participants avaient besoin d’une moins grande quantité d’insuline et qu’il y avait une amélioration dans la perception des hypoglycémies.
Durant la phase suivante de recherche, on injectera une plus grande quantité d’îlots, avec l’espoir d’un meilleur contrôle et peut-être d’une libération totale des injections d’insuline.
Cela prendra encore quelques années avant que cette technique soit accessible à ceux qui ont des problèmes de contrôle et peut-être la possibilité que cela devienne une des techniques de choix pour stopper le diabète.
Diabète Québec reçoit souvent des appels de parents d’enfants diabétiques qui se plaignent du peu de support de la part du personnel des écoles. Dès qu’un enfant ne contrôle pas son diabète, le parent est appelé à s’en occuper. Les enseignants utilisent souvent comme prétexte la multitude de problèmes de santé et de comportements de leurs élèves donnant ainsi peu de place à une attention particulière aux enfants diabétiques.
Nous avons eu le cas d’une mère qui a dû abandonner son emploi pour s’occuper de son fils à l’école au cas où celui-ci aurait eu des problèmes avec sa pompe à insuline. Nous nous demandons souvent quelle est l’ampleur de l’impact du diabète sur les parents.
Diabetes UK, notre association consœur en Grande- Bretagne, a fait un sondage sur la question. 46 % des enfants à l’école primaire et 29 % des enfants au secondaire ont affirmé que leurs parents avaient dû réduire le nombre d’heures au travail ou qu’ils avaient dû carrément se retirer du marché du travail.
Les jeunes ont affirmé que les enseignants manquaient de formation pour les aider : à 65 % au primaire et à 87 % au secondaire.
Devant une telle situation, Diabetes UK demande au gouvernement qu’une meilleure formation des enseignants soit faite, sans quoi les pertes de salaires des parents pourront avoir un impact sur leur niveau de vie. De la documentation sera envoyée aux écoles afin d’attirer l’attention sur une situation très critique pour les enfants diabétiques et leurs parents.
Beaucoup de gens croient que, dans notre environnement, il pourrait exister des produits qui auraient une incidence sur l’apparition du diabète. Plus personne ne conteste aujourd’hui, par exemple, l’impact de la cigarette sur le cancer et sur les maladies cardiovasculaires. Dans ce cas, on peut connaître la consommation du tabac et les composants présents dans la cigarette, l’impact est donc plus facile à calculer.
Nous sommes entourés de dizaines de milliers de produits divers, certains seront absorbés et pourront avoir un impact sur l’apparition d’une maladie, mais peut-on prouver qu’un produit spécifique en est le responsable? Les chercheurs sont très prudents avant d’affirmer une cause à un effet.
Le Dr Atul Butte, M.D. et Ph.D., et son équipe du Lucile Packard Children’s Hospital en Californie a utilisé des résultats de recherches populationnelles faites par le Center for Disease Control and Prevention entre 1999 et 2006. La banque de données était particulièrement riche en renseignements pertinents. Des prélèvements de sang et d’urine avaient été faits sur des dizaines de milliers de personnes. Parmi les analyses, on pouvait estimer la quantité de certains polluants présents.
Par ailleurs, on savait quelle était la glycémie à jeun chez ces mêmes personnes. En prenant tous ceux qui avaient une glycémie à 7 mmol/L ou plus et en comparant les contaminants présents, les chercheurs ont pu isoler quelques produits présents en plus grande quantité dans ce groupe.
Les PCB étaient présents en grande quantité. Les PCB étaient très utilisés dans les années 70 pour différentes applications, comme isolants dans les transformateurs électriques, par exemple. Les PCB sont maintenant interdits, mais ils restent présents encore dans la nature.
Un pesticide utilisé jusque dans les années 80, mais interdit aujourd’hui, les insecticides chlorés, était aussi en forte concentration chez les personnes diabétiques.
Enfin, à la surprise du groupe, une forme de vitamine E, le gamma-tocophérol, était aussi présent.
Par contre en ce qui concerne le bêtacarotène, ce produit présent entre autres dans les carottes avait un effet protecteur.
Les chercheurs restent prudents dans l’identification de produits qui pourraient déclencher le diabète. Butte et son équipe compte rechercher au niveau des gènes l’effet que pourraient avoir ces produits dans l’apparition du diabète. Cette recherche est parue en mai dans la revue en ligne PLoS ONE.