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Prévenir le diabète

Prévenir, c'est poser des actions pour éviter que quelque chose ne se produise.
On pourrait facilement penser qu’il n’y a rien à faire contre le diabète. C’est malheureusement vrai dans le cas du diabète de type 1. Pourtant, dans le cas du diabète de type 2, il est possible de poser des actions et des gestes concrets afin de retarder l'apparition de la maladie et d'en diminuer l'importance.

Prévention du diabète de type 1

Il est actuellement impossible de prévenir l'apparition d'un diabète de type1. Dans la plupart des cas, les cellules qui produisent l'insuline sont détruites par le système immunitaire. La combinaison de facteurs génétiques et environnementaux contribue à cette destruction.

Ce type de diabète apparaît chez les jeunes enfants, les adolescents et les jeunes adultes, rarement chez des personnes plus âgées. À l'heure actuelle, les chercheurs ne comprennent pas pourquoi les cellules productrices d'insuline sont détruites, ni comment le processus de destruction se déclenche. De plus, on ignore pourquoi cet événement se produit à des âges aussi différents. Les gouvernements, les associations impliquées dans la lutte contre le diabète et les compagnies pharmaceutiques dépensent des centaines de millions de dollars en recherche chaque année afin de mieux comprendre le diabète de type 1. Trois pistes de recherches semblent être plus prometteuses :

fleche Un vaccin :

Plusieurs recherches sont en cours et semblent prometteuses. En gros, le vaccin interviendrait au niveau du système immunitaire pour l'empêcher de s'attaquer aux cellules bêta, responsables de la production de l'insuline.

fleche Transplantation des îlots :

Depuis plus de 20 ans, les scientifiques cherchent le moyen de transplanter les îlots de Langerhans, au sein desquels les cellules bêta fabriquent l’insuline. Malheureusement, les chercheurs font face à plusieurs obstacles : le rejet des îlots transplantés, le prélèvement d’une quantité suffisante d’îlots, et leur survie lors du prélèvement et de la transplantation.

Il y a environ cinq ans, une équipe de chercheurs de l’Université d’Alberta mettait au point une nouvelle méthode de prélèvement des îlots : le Protocole d’Edmonton. Cette méthode simplifie le prélèvement des îlots tout en diminuant le nombre d’îlots détruits et en utilisant une combinaison de médicaments anti-rejets moins agressifs.

En 2002, la revue Diabetes publiait un bilan très prometteur : un an après la transplantation des îlots, 80% des patients ayant participé à l’étude ne s’injectaient plus d’insuline. La recherche se poursuit. On veut améliorer la manipulation des îlots prélevés et trouver des médicaments anti-rejets qui favorisent une meilleure survie des îlots. Cependant, les îlots meurent durant les premières années et la personne doit revenir aux injections d'insuline.

fleche Les cellules souches :

Les premières cellules qui apparaissent chez l’embryon, au début de la vie, sont appelées cellules souches. Au fur et à mesure qu’elles se développent, elles se spécialisent et deviennent des cellules musculaires, nerveuses, cardiaques ou osseuses. Pourrait-on les transformer en cellules productrices d’insuline?

On trouve également des cellules souches chez les adultes, entre autres dans la moelle osseuse, la peau, la rate, le cerveau, les intestins et le pancréas. Des recherches effectuées sur des souris ont démontré que des cellules souches provenant de la moelle osseuse peuvent se changer en cellules productrices d’insuline. Une fois transplantées, résisteront-elles aux attaques du système immunitaire? Les cellules souches provenant d’embryons ont-elles plus de chances de réussir la transformation et de résister à la réaction auto-immune que les cellules souches chez les adultes? Les premières expériences avec des cellules souches ont été tentés chez l'humain.

Il y a quelques années, une hypothèse faisait l’objet d’études scientifiques : l’injection d’insuline comme outil de prévention du diabète de type 1. La théorie suggérait qu’en injectant de petites doses d’insuline à des personnes sujettes à la maladie, le corps développerait des anticorps naturels pour lutter contre la destruction des cellules bêta. En juin 2001, les recherches concluaient que l’injection d’insuline ne prévenait pas le diabète de type 1. Cet échec a quand même permis une meilleure compréhension des mécanismes à l’œuvre dans son apparition ainsi que l’identification de nouveaux marqueurs immunitaires chez les personnes à risque.

Prévention du diabète de type 2

Contrairement au diabète de type 1, on peut prévenir le diabète de type 2.

Les facteurs contribuant à son apparition sont connus: l'âge, l’hérédité, le surplus de poids et la sédentarité. De plus, certaines études tendent à démontrer qu’une alimentation riche en gras pourrait également être un facteur de risque. Cependant, personne n'est vraiment à l'abri du diabète, même avec de saines habitudes quotidiennes.

Nous savons toutefois que certaines populations sont plus à risque que d’autres. Les peuples autochtones, hispanophones d'Amérique, asiatiques et les populations d’origine africaine semblent développer la maladie plus que les autres.

Environ 80 % des personnes diabétiques de type 2 ont un surplus de poids ou sont obèses. Cette condition est un facteur de risque majeur dans l'apparition de cette maladie aussi sournoise que sérieuse.

Les symptômes de ce type de diabète peuvent être tellement minimes que le diagnostic peut prendre jusqu'à sept ans avant d'être posé, diagnostic qui tombe souvent après la manifestation d'une complication liée au diabète : infection majeure au pied, hémorragie à œil, infarctus ou un accident vasculaire cérébral.

Il n’y a pas de petit diabète.

Alimentation

Une alimentation bien équilibrée et variée s'impose lorsqu'on veut prévenir une maladie comme le diabète. Comment y parvenir ? En choisissant le plus souvent possible des aliments qui contiennent moins de matières grasses, moins de sucre ajouté, moins de sel et en augmentant la consommation d'aliments riches en fibres.

En suivant les recommandations du Guide alimentaire canadien, chaque personne comble tous ses besoins énergétiques. Une personne diabétique doit se doter d'un plan d'alimentation personnalisé. Une diététiste peut élaborer ce plan. Elle peut également faire l'examen de vos habitudes alimentaires et suggérer des améliorations.

Activité physique

Des études récentes démontrent qu'une augmentation même légère de la fréquence et de l’intensité de l'activité physique a des effets bénéfiques sur la santé, particulièrement chez les personnes sédentaires. Seulement 30 minutes d’activité physique par jour suffisent! Quand on augmente l’activité physique, la dépense d'énergie est plus grande, le métabolisme s'accroît. Pour une personne diabétique, cela veut aussi dire une meilleure utilisation de l'insuline injectée ou produite par le pancréas.

La prévention par les médicaments

Bien que plusieurs études aient démontré que certains médicaments anti-diabétiques puissent prévenir le diabète parmi les personnes à risque, les résultats sont généralement moins encourageants que si l'on apporte des changements aux habitudes de vie. En septembre 2006, la revue The Lancet annonçait les résultats d'une vaste enquête réalisée à l'échelle internationale. L'étude DREAM révèle qu'une approche pharmacologique, jumelée à une saine alimentation et à l'exercice physique, constituerait une stratégie efficace pour retarder l'apparition du diabète et stabiliser la glycémie chez les personnes à risque élevé.

lien Nouvelles pistes de traitement : la prévention est-elle possible? (PDF 522Ko)

La recherche

Bien que la recherche sur le diabète soit surtout concentrée sur le type 1, les découvertes peuvent être utiles pour le type 2. Les chercheurs concentrent leurs efforts sur l'identification des gènes causant le diabète de type 2. Au moins huit gènes ont déjà été identifiés. L’objectif est de comprendre et d'identifier leurs rôles dans l'apparition du diabète de type 2.

Source : Diabète Québec, mars 2001. Révisé en février 2004. Mise à jour : mai 2009.

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