
Le stevia est un agent sucrant extrait d’une plante appelée « stevia rebaudiana » originaire d’Amérique du Sud. Depuis plusieurs années, cette substance est largement utilisée en Asie commesubstitut du sucre par l’industrie alimentaire. Son attrait réside dans son pouvoir sucrant nettement supérieur à celui du sucre blanc, sa valeur calorique nulle et son impact négligeable sur la glycémie à la suite de sa consommation. On lui attribue également des vertus thérapeutiques probables. Ainsi, certains pays sud-américains recourent traditionnellement au stevia pour traiter certains problèmes de santé tels que l’hypertension artérielle (haute pression) et le diabète de type 2.
Actuellement, il est possible de consommer le stevia sous différentes formes :
Au Canada, la poudre de feuilles séchées et les produits à base de stéviosides sont disponibles dans les magasins de produits de santé naturels et dans certaines pharmacies. Plusieurs centres de jardinage vendent désormais ce petit arbuste .
Depuis 2006, la Direction des produits de santé naturels de Santé Canada a autorisé de façon provisoire l’utilisation du stevia et de ses produits dérivés à titre de « produits de santé naturels ». Toutefois, ils ne peuvent pas être ajoutés aux aliments pré-emballés par les différents acteurs de l’industrie alimentaire, comme c’est le cas pour des édulcorants tels que le sucralose (SplendaMD) et l’aspartame.
Santé Canada a également fixé des limites maximales de consommation sur une base journalière afin de protéger la population contre d’éventuels effets secondaires indésirables pouvant se manifester (durant les études scientifiques en cours). En fonction de ces directives, un adulte peut consommer chaque jour et de façon sécuritaire :
De nouvelles données ont permis au Comité conjoint sur les additifs alimentaires (JECFA), composé d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) de conclure que la consommation de stevia n’entraînait pas d’effets négatifs sur la reproduction chez l’humain.
Cependant, Santé Canada a opté pour une attitude prudente et déconseille la consommation de ces produits aux groupes suivants : enfants, femmes enceintes, femmes qui allaitent et personnes faisant de la basse pression artérielle.
Même si les limites maximales de consommation journalières ci-haut mentionnées sont nettement inférieures à celles pouvant possiblement influencer à la baisse laglycémie des personnes diabétiques, la prudence s’impose!
En dépit de leur origine naturelle et de leur disponibilité sans prescription, les produits de santé naturels tels que le stevia ne sont pas nécessairement inoffensifs. Veuillez consulter votre pharmacien ou un autre professionnel de la santé faisant partie de l’équipe de soins en diabète avant de consommer du stevia ou un produit dérivé. Si vous décidez de faire l’essai du stevia, mesurez votre taux de sucre dans le sang plus souvent afin de prévenir les variations indésirables (hypoglycémies ou hyperglycémies).
Si l’utilisation d’un substitut du sucre s’avère nécessaire, plusieurs produits autorisés par Santé Canada à titre d’additifs alimentaires sont disponibles : l'acésulfame potassium, l'aspartame, les cyclamates, le néotame, la saccharine et le sucralose.
Les lignes directrices de pratique clinique (2008) de l'Association canadienne du diabète mentionnent que les sucres naturels et ajoutés devraient faire partie d'un plan d'alimentation sain et que les sucres ajoutés (sucre blanc, miel, cassonade, fructose…) peuvent constituer jusqu'à 10 % de l'apport énergétique quotidien de la plupart des personnes diabétiques, sans effets négatifs sur le contrôle de la glycémie ou des lipides (gras) sanguins.
Source : Plein Soleil - Automne 2000, Johanne Kerba, diététiste - Service d'enseignement Diabétaide. Révisé en août 2009.